HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 225
Le Duc de Nevers l’avoit accompagné; Mercosur mourut: de maladie l’an- Sectionnée suivante à Nuremberg, en revenant en France pour y lever dé nou> x ;velies Troupes («). En ce tems-ìà les jeunes Seigneurs de France avoient jjeníT IV*
Tame fi guerriere, & cfierchoient tellement à se former á l’Art militaire, _ 1
que plusieurs des Réformésallerent servir dans l'Armée des Etats, commele Prince de Joinviile fit dans celle de l’Archidue (£). II n’est pas im-possible , que la Cour vit cela de bon œil, parceque cela occupoit desgens remuans, qui auroient pu causer du mouvement dans le Royaume.
Nous avons déja parlé des dispositions du Maréchal de Biron, de ses Commence>mécontentemens & de ses intrigues, dont le Baron de Rosni* étoit mieux ment deinstruit que personne. Après la guerre de Savoye, le Maréchal deman- f*
da au Roi une gratification de trente mille écus, que ce Prince lui ac-corda fans balancer, & comme Tétât des Finances ne permettoit pas depayer cette somme d’abord, M. de Rosni lui en fit toucher sur le champla moitié en argent comptant, & lui assigna Tautre dans un an. Le Ma-réchal parut très-content, & témoigna en avoir plus d’obligation au Mi-nistre qu’au Roi qui lui fesoit ce présent. Iioíni au lieu d’accepterson compliment, tâcha de lui faire prendre d’autres sentimens, & le Ma-réchal feignit de bien recevoir ce qu’il lui dísoit. Mais cette conversa-tion donna à Rosni une telle idée du Maréchal, qu’il crut devoir aver-tir le Roi d’être sur ses gardes contre un homme de ce caractère, qu’au-cune obligation ne pouvait retenir , & que ses talens rendoient capabled’exécuter tout ce que son ressentiment bien ou mal fondé lui dicteroit.
Le Roi lui répondit qu’il connoissoit parfaitement Biron, que la vanité é-toit son grand foíble ; & que quoique capable d’une grande indiscrétion, ilétoit certain que malgré ses folies il seroìt toujours aussi prompt & zéléà le servir que jamais. Ainsi au lieu de le disgracier, & d’éloigner ce mé-content des affaires, il tâcha de remployer, ce qu’il regardait comme levéritable remede à son mal (c). C’étoit dans cette vue que le Roi Tavoitenvoyé en Ambassade en Angleterre Tannée précédente,& qu’au commen-cement de celle-ci, (1602), il Temploya dans une autre négociation, quiétoit de la derniere conséquence pour TEtat, & que les plus habiles Minist-res n’avoient gueres avancée. C’étoit le renouvellement de Talliance avecíes Cantons Suisses, & que le Roi, à cause de la difficulté qu’il y avoit,f°uhaitoit de faire non seulement pour sa vie, mais encore pour celle dudauphin (d). Cette affaire étoit également importante & difficile, d’au-ta ntplus que le Roi d’Espagne, Prince puissant, & le Duc de Savoye laPtas politique de son tems la traversaient de tout leur pouvoir. Les Mi-Astres qu’on avoit employés jusques-là n’avoient presque rien fait avec ton-*- es leurs raisons. Le choix que le Roi fit de Biron , prouve la pénétration
Henri, & qu’il connoissoit mieux le Maréchal que personne, & peut-ctre qu’i] ne se connoissoit lui-même. Son caractère martial, sa franchise,a générosité, sa magnifique dépense, firent beaucoup d’impreffion sur lestuiles, & donnerent tant de poids à lès raisons, qu’ils ne purent lui rien
00 Daniel 1. c . p. 3 .g(b) U môme. "
Tome XXXI.
(c) Mem. de Sulli T. IV. p. 71-7 5 -
(d) Mezeray T. VI. p. 257.
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