Naissancedu Dau-phin.
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L24 HISTOIRE DE FRANCE. Lïv. XXIÍÍ.
■SncTiON A son retour le Maréchal trouva le Roi à Fontainebleau , où le 27X. de Septembre la Reine accoucha du Dauphin (a); le Pape, qui fut sonHenrf^iv^ ^ arra ' n , lui donna le nom de Louis. Le goût pour l’AílroIogie étoit alorstnn ' si grand en France, que le Roi engagea La Riviere son premier Médecinà tirer l’Horoscope du Dauphin; & ce Médecin prononça là-dessus un ju-gement également mystérieux & inintelligible. Le Duc de Savoye s’étoitengagé dans la guerre, qui lui avoir écé fi fatale par fa crédulité fur cetarticle, cet entêtement fui. encore plus funeste au Maréchal de Biron ; lesage & grand Duc de S'dJi n’étoit pas même exempt de ce foible. La nais-sance du jeune Prince donna une grande joie à toute la France, d’autantplus, qu’il y avoit plus de quatrevingts arts qu’il n’écoit né de successeur dela Couronne avec la qualité de Dauphin (b). La naissance du jeune Princeétoit auss: d'une grande conséquence pour les affaires du Roi, & en assu-rant la succession, elie y dcmrioít en quelque maniéré une nouvelle face audedans & au dehors du Royaume ; mais en même tems elle fit que les Conjuréshâtèrent leurs mesures, át cette précipitation donna lieu aux découvertesqu’on fit peu après. Ce qu’il y a de remarquable, c’est qu’Anne d’Autri-che, fille de Philippe, qui épousa depuis Louis, étoit née cinq jours avantlui. Henri fit,présent à ia Reine de Monceaux, & la ville de Paris dunetenture de tapisserie, conformément à la promesse qu’on lui en avoit faite,fi elle mettoït un fils au monde (c).
Le Roi établit une Chambre Royale pour faire la recherche de ceux quiavoient ma! ver le dans la recette des revenus, mais qui ne fit pas grandchose. Le Baron de Rosni, depuis Duc de Sulli, f attribue à ce qu’on seborna à condamner à des amendes. Mais un autre Historien assure, quenon seulement on fit bien payer les coupables , mais encore les innocens, &par cette raison, il met cette Chambre de pair avec une autre pareille éta-blie sous le régné de Henri III. & il ajoute qu’on imita encore cet exemplefous le régné suivant (h).
Mahomet III. Empereur des Turcs, envoya en France un RenégatFrançois, que quelques Historiens honorent de la qualité d'Ambassadeur,qui avoit trois points principaux dans ses Instructions. Le premier deprier le Roi de n’encrer point dans la Ligue des Princes Chrétiens., quele Pape vouloit faire contre la Porte. Le second de disposer l’Empereurà une trêve avec lui. Le troisième de rappeller en France le Duc deMercœur son Vassal, qui commandoit les Armées de ì’Empereur enHongrie. Le Roi lui donna des réponses générales fur les deux pre-miers points , & fur le troisième il répondit , que quoique le Duc deMercœur fût son vassal, il l’étoit aussi de l’Empereur, & en cette qua-lité lui devoir son service (e). II y a beaucoup d’appareuce , que leDuc de Mercœur, peu satisfait de fa situation eh France, étoit charméde trouver une si belle occasion de faire briller son courage & fa capa-cité militaire contre les Iiìsideles, ói il acquit effectivement de la gloire.
Le
(s) Tous les Auteurs cités. (d) Bupleix.
(b) Daniels p _ 34?. & ai. (e) Cayet fous I’an lCoi.
ment de la
Chambre
Royab.
Envoyé (kMahometIII. enFrance.
q) Sulli T. IV. p. 56.