HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 27r
ses délibérations, bien qu’il n’ìgnorât point de quel œil la Cour les regar- Sscrum-doit, & que le Roi avoir défendu aux Princes & aux Pairs de se trouver Xi.à fes délibérations, enfin il donna un arrêt, qui fut supprimé par un au- Loukxiiftre du Conseil. Ce qui n’empêcha pas que la vénération que le peuple avoit jufqu'àpour le Parlement ne tint la Cour en respect (à). mort du
Pendant ces démêlés , le Prince de Condé n’avoit point paru , mais Maréthaibientôt après il donna de nouvelles marques de mécontentement. Le Ma* A Ancie ;_réchal d’Ancre avoit pris depuis peu posseíïìon de son Gouvernement d’A- ic Princemiens, & fur quelque leger mécontentement il fit assassiner le Sergent- de Condé se ■Major de la citadelle ; il voulut même faire pendre le Prévôt fans forme révolte en ‘de procès ; mais les Officiers de la Garnison aiant protesté qu’ils aban- cme ' sdonneroient la Place, le Maréchal ordonna de le relâcher, quoiqu’il eût 1 ÎD 'déja la corde au cou ( b ). Le Prince de Condé publia un nouveau Mani-feste, contenant les sujets de plainte qu’il avoit; il y expofoit les info»lences du Maréchal d’Ancre , la dissipation du Trésor du Roi , le peu
(*) Mercure François & aï. (i>) Mercure François.
son qu’il avoit entre Aix & Marseille (i). II en eut encore un second fils, qui prit leparti des armes, qui se fit quelque réputation & fut connu dans le monde fous le nomde Capitaine de Luynes. II acquit quelque bien, dont le revenu n’alloit qu’á douze-cens Livres par an, qui provenoient d’un Pré, appellé Brante , & d’une petite tíl; duRhône, nommée Cadenet. Son fils aîné fut Page du Comte de Lttde, & il fit entrerbientôt ses deux freres dans la même Maison. Leur civilité & leur diligence les y firent',aimer, & dans la fuite M. de Varennes les recommanda à Henri IV. qui donna à l’aînéune pension de-quatre-cens écus, dont les trois freres subsistèrent jiisqu’au teins qu’iìsfurent mis auprès du Dauphin, alors les appointemens de Rainé furent augmentés jufr-qu’à douze-cens écus. La ressemblance du nom d’Albert avec celui d’Albret, fit pren-dre à M, de Luynes les airs d’un homme de grande qualité, & fit qu’il donna á fes frè-res les noms de M. de Cadenet, & de M. Je Brante. 11 étoit si bienfait, que quandon demandoit en France, comment il étoit parvenu en si peu de teins à une si grandefortune, on répondoit communément, vous ne Vavez jamais vu, comme si la vue feulede fa personne suffisoit pour justifier la faveur dont son Maître l’honoroit. D’abordM. de Luynes ne se mêla que des plaisirs de son Maître , les premieres marques de fafaveur durent leur origine au présent qu’il fit au Roi de deux Pies-grieches, que l’onavoit dressées à fondre fur les petits oiseaux, comme les oiseaux de proye fondent surL gibier. Ce fut par de petits services de cette nature, que de Luynes s’insinua dans lafaveur de Louis; il affecta de ne penser qu’á des atnusemens, pour ne pas se rendre sus-pect à ceux qui sans cela auroient pris ombrage de fa faveur; ils crurent qu’il ne savoir>lien faire au delà de ce dont il aflectoit de s’occuper, & il ne leur monta pas à Pesprif«due ce jeune chasseur avoit l’ambition de s’élever plus haut, desorce qu’ils furent lesdupes de ltur raffinement & de son artifice. C’est ce que dépeint élégamment un NobleVénitien ( 2 ); mais il n’est pas bien possible de rendre ce qu’il dit parceque le tour yftit beaucoup, Prevaleva il Signor de Luynes, Gmtiìhuoma d'Avignon, di non nlti natali ,a Ppunto introduite apprejjò il Ré, accieche con le caccic, non gli ucceili, e cm altrì minuitPiactri lo trotte nesijje. Ma eglt ctmquesti l'irrtti, in modo taie, chef ace presto tutto il regnofuapreda. La Fortune ne lui tut pas moins favorable, qu’elle l’avoit été à Concini,elIeJ’éleva plus promptement & plus haut, ct quand elle ne put le taire monter davantage,tdk le fit mourir dans une conjoncture critique, comme si elle avoit voulu prévenir fac bute Ij’ajouïerai ici que si l’Auteur Angloìs avoit consulté M le Laboureur >_?) qu’ilc ite dans l'Original, il auroit vu une Généalogie de M. de Luynes bien différente decelle qu’il a adoptée, Rem. du Tbad.]
(D H : st de la j IeicBernard lótì. de Ueuisfi) Xam l.. III.
du Fils T. I. p. iEï.I. L, IV.
(3) Le Laboureur Addit, ar,ï£ Mcm, de Cafld-mm L, VI. p. 418.