Buch 
31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
Seite
270
JPEG-Download
 

27 o HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.

Section qui peu auparavant s’étoit plaint de l’Evêque & du Maire de Poitiers, par-, xi. ceqisils avoient conservé cette ville au Roi, prit alors le parti de la sou-

l^ouisXlii!mission, & demanda des Lettres d’abolition (a). Le Duc de Vendômesujqu’à /a*jugea à-propos d’en faire autant, & souhaita d’être compris dans le Trai-te»? du rê, qu’il nvoit rejette avec tant de mépris. La Reine, après avoir faitMaréchal ra p er glavet, retourna à Paris vers le milieu de Septembre.

^ ncre * Le Roi étant entré dans fa quatorzième année, signala le premier acteMajorité de fa Majorité en confirmant l’Edit de Nantes & tous les autres Edits con-*iu Rot. tre ] es Duellistes & les Blasphémateurs (b). Le lendemain il alla tenir sonLit de Justice au Parlement, & y déclara en peu de mots qu’il prenoitlui-même le Gouvernement du Royaume; il décida à cette occasion queles Cardinaux précéderoient les Pairs Ecclésiastiques, ce qui fit que lesderniers n’affisterent point à la cérémonie. , Conformément au Traité deSainte-Menehould, les Etats s’allemblerent à Sens, d’où ils furent transfé-rés à Paris , où ils siégèrent longtems & firent peu de chose. La Reine-Mere se trouva alors plus libre qu’elle ne l’avoit été jusqnes-là, car bienque le Roi ne fit rien fans son avis, tout se fesoit au nom & par l’autoritéde ce Prince (c).

síffemliíe Le grand but des Princes en insistant fur la convocation des Etats, étoit■ârs Etats de les faire entrer dans l’examen des principaux articles de la Lettre ou duou u ne se jyj an ifest e d u Prince de Condé, & ils fe ilatoient d’y réussir. Mais lesd’tnpw- Ministres connoissoient mieux le terrein, ils laissèrent agir les Etats à leurMnt. gré, persuadés que les trois Ordres se croiseroient les uns les autres, cequi arriva aussi, & ils se séparèrent le 23 de Fevrier 1 615 sans avoir rienfait de digne d’attention. Une chose parut fort extraordinaire ; c’est quequoiqu’ils se fussent plaints hautement de la multitude des Offices, le Ma-réchal d’Ancre, créa, pendant leurs séances trois Trésoriers des pensions,dont il fe fit bien payer ( d). Les Princes fe tournèrent alors du côté duParlement, qui aiant été hautement insulté par le Duc d’Epernon, prêtad’autant plus volontiers Foreille à leurs insinuations,& il cauíà quelque em-barras aux Ministres par ses remontrances (§). Le Prince de Condé pourdonner une marque de fa sincérité remit Amboise, qui lui avoit été accor-dé jusqu’à la tenue des Etats. Le Maréchal d’Ancre, dont Ja puissance aî-loit jusqu’au prodige, engagea la Reine, malgré elle,à en donner le Gou-vernement à un jeune homme , qui paroissoit être dans les bonnes grâcesdu Roi (f). C’étoit M. de Luynes, qu’il vouloir s’attacher par cette fa-veur, espérant même d’obliger le Roi (*). Le Parlement continua toujours

(a) Abr. Chronol, I. c. 00 Mein. de la Régence, Hist. de la

(b) Mercure François, Hist. de laMere Mere & du Fils.

& du luis. (e) Abrogé Chron. uhìsup.

00 Mein. de la Régence, Matthieu Iiist, (/) Mem. de la Régence , Hist. de lade Louis XIII. Mere & du Fils.

(*) Si nous en croions des Auteurs, qui avoient le moyen d’átre bien instruits deî’Ilistoire de ce tems-là, le Favori du Roi n'étoit pas d’une grande naissance. Son Grand--jere étoit Guillaume Segur, Chanoine de Marseille; il avoit une Ménagère, qui s’ap*pelloit Albert, donr il eut un fils, qu’il nom»» de Luynes, du nom d’une petite Mai-