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HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII.
section Vitri & ceux qui l’accompagnoient se mirent à crier Vive le Roi. Aussi-XI. tôt le Roi parut à la fenêtre, <& leur ôta son chapeau avec un air de satis-mstuire de àion. On arrêta le Comte de Pene fils du Maréchal, & la Galigaï fawírWa’ f emrae àt enfermée dans la même chambre où on avoit mis d’abord le Prin-mirt du ce de Coudé («). On ôta à la Reine-Mere tous ses Gardes, & on mit àMaréchal leur place des Gardes du Roi, ce qui lui fit comprendre qu’elle étoitri~An cre. p r if 0 nniere, Le Roi envoya une Lettre aux Gouverneurs de Province,Z, où il fesoit la rélation de la mort du Maréchal, & avouoit que tout
mens S á la s’écoit fait par ses ordres ; il fit Vitri Maréchal de France , & lui fitCour. donner une charge de Conseiller de robe courte au Parlement de Paris,afin qu’il y eût séance, & il prêta serment devant cette Cour en qua-lité de Maréchal (b). Cela fut suivi d’un changement total ; on ôta lesSceaux à Mangot, Larbin fut mis à la Bastille; on rendit les Sceaux àdu Vair, Villeroi reprit les fonctions de Secretaire d’Etat, Jeannin futrappelle, le Roi écrivit au Duc de Longueville, qui étoit le plus prochedes mécontens, de venir à la Cour ; il écrivit aussi aux autres Princes ; leDuc de Mayenne envoya au Roi les clés de Solfions, après en avoir ouvertles portes à ses Troupes, & revint au bout de quelques jours avec le Comted’Auvergne. On fit le procès à la Galigaï; & elle souffrit la mort avecune constance, qui fit oublier toutes ses folies; la Reine-Mere fut exilée àBlois (c). M. de Luynes eut tous les biens du Maréchal, qui étoient im-menses, avec fa charge de premier Gentilhomme, la Líeutenance de Nor-mandie & ses Gouvernemens. Vitri, comme nous lavons dit, eut le bâ-ton de Maréchal, Du Hallier la Compagnie des Gardes qu’avoit son frere,& Persan le gouvernement de la Bastille. De Luynes auroit voulu conser-ver Richelieu, mais il ne lui fut pas possible, les anciens Secretaires furentremis en place, mais on lui accorda d’abord séance dans le Conseil & en-suite on lui permit de suivre la Reine-Mere (d).
Evênemens Tous les Princes & Seigneurs mécontens revinrent à la Cour, fans qu’ilparticuliers fût parlé de Traité ; le nouveau Favori engagea le Roi à envoyer une Dé-ra/fcT*" àration au Parlement, par laquelle il disoit qu’il étoit content de leursdu Maré-* services, & annulloit tout ce qui avoit été fait contre eux ; elle fut enré-chd. gistrée fans difficulté, comme les autres. II paroit qu’on étoit très-portéà faire honneur au Roi, au moment qu’il prenoit les rênes du Gouverne-ment ; on peut en juger par le surnom de JuJte , qu’on Jui donna, á causede ce qui venoit d’arriver au Maréchal & à la Maréehalle d’Ancre. II y eutquelques-autres actes de Justice qu’il faut rapporter, pour éclaircir par-faitement cet endroit de l’Histoire. Parmi ceux à qui on avoit confié leprojet de la perte du Maréchal, il y avoit un certain Travail, qui ayantabjuré la Religion Réformée, s’étoit fait Capucin, & n’avoit pas fait grandhonneur s cet Ordre. Cet homme avoit beaucoup d’esprit, mais nulle pro-bité. On lui avoit promis, ou il s’étoit promis à lui-même l’Archevêchéde Bourges, mais quand le Prélat qui en étoit en possession fut obligé des’en démettre, & que Travail vit qu’on l’avoit donné à un autre,il en eut
tant
(a) Les mûmes, (c) Le même, Hist.de laMere&du I'ils.
(b) Griffet Hist. de Louis Xin. l. c . (ri) Les mêmes.