Buch 
31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
Seite
281
JPEG-Download
 

HISTOIRE DE FRANCE, LïV. XXIIt. agï

tant de ressentiment, qu’il alla trouver Bressieux un des principaux Officiers Secttoíjde la Reine, auquel il communiqua un infâme projet qu’il avoir formé. II XI.fut condamné fur des preuves évidentes, pour avoir voulu engager Bref houllxni.lieux à empoisonner la Reine. D’autres prétendent, avec plus devrai jusqu’à i a "íemblance, qu’il lui avoit fait part du dessein de se défaire de Luynes, par mort ducompassion, difoit-il, pour la Reine-Mere ; quoiqu’il en soit, il fut rompuvif («). Un autre nommé Gignier amusa de Luynes d’une prétendue 'conspiration des Princes contre lui & contre le Roi ; il alla méme jus-qu'à accuser le Duc de Vendôme de vouloir les empoisonner tous deux, àun repas qu’il devoir donner, après le Batême de fa fille. Le Roi -fiant étéaverti, feignit d’être incommodé pour ne pas aller à la collation. Le Ducs’étant apperçu de quelques marques de mécontentement , vint trouverLuynes, offrit de fe constituer prisonnier. & demanda qu’on examinât àfond saffaire, quelle qu’elle fût. Cela fit découvrir la fourberie, & il encouta la tête à Gignier ; il avoua naturellement que voiant que les complotsétoient à la mode, il en avoit forgé un pour son avantage, mais qu’il avoitmal tourné & l’avoit conduit fur l’échaffaut ( b ), '

Pendant tous ces mouvemens en France, les Espagnols attaquèrent \e Le Marè-' Duc de Savoye, fous des prétextes spécieux, mais dans la vue principale chaidéLes-ment de se rendre absolument les maîtres en Italie , & d’en fermer l’entrée aux François pour toujours. Le Maréchal de Lesdiguieres, l’ancien de Sa-ennemi du Duc, leva une Armée pour le secourir. L’Ambassadeur d’Efpa- voye, attei-gne ,s’en plaignit à la Cour, avant que la Reine eût été dépouillée de son <l ué P ar ìesautorité. On envoya ordre à Lesdiguieres de congédier ses Troupes. Le £ fP a S híls 'Maréchal , accoutumé depuis longtems à se conduire à sa guise &persuadé qu’il connoissoit mieux les intérêts de l’Etat que ceux qui Juí en-voyoient de pareils ordres, les mit en poche, & entra en Piémont (c).

Son arrivée sauva le Duc, mais après lui avoir rendu de grands services ilfut obligé de retourner en Dauphmé, fur la nouvelle de la révolte des Prin-ces. Après la révolution dont nous avons parlé, Lesdiguieres reçut denouveaux ordres de la Cour de retourner en Savoye. Pendant qu’il fepréparoit à cette expédition, plusieurs Seigneurs & Gentilshommes vinrentle joindre peur apprendre le métier de la guerre fous un auíîì habile Géné-ral. Le Maréchal trouva le Duc réduit à sextrémité , Don Fedre deTolede étant dans le cœur de ses Etats avec une Armée supérieure.Lesdiguieres s’apperçut a’abord à la maniéré dont les Espagnols étoientpostés, qu’on pouvoit les attaquer avec avantage. Le Duc lui laissa laliberté de faire ce qu’il jugeroit-à-propos, & le vieux Général les dissi-pa en moins de huit jours, ôc en fit entre quatre & cinq mille prison-niers II assembla ensuite vingt mille hommes & étoit fur le point d’en-trer dans le Mìlanés, lorfqu’un Courier lui apporta un Traité de paix, queje Duc de Savoye jugea qu’il étoit de son intérêt de signer, dans les con-jonctures présentes (úQ.

(a) Mercure François, Hist. de la Mere III. P. I. p. io & íuiv.

& éu l'ils. (c) Hist. de Lesdiguieres L. IX. Cb. r- 4 .

O) Le Vajsor Hist, de Louis XIII. T, (d) Le même 1. c. Ch. 6 & íuiv.

Tome XXXI. N n