HISTOIRE DE FRANCE. Liv\ XXIII. 28:
SECTION XII.
Suite du régné de Louis XIII. surnommé le Juste, depuis qu il eut pris leGouvernement en main jusqu à sa mort.
L A Reine-Mere, qui s’étoit vue prisonnière clans le Palais de son Fils,ne fe trouva pas de meilleure condition à Blois, bien qu'à son départle Roi l’eût assurée de la façon la plus forte, qu’il luiieroit toujours bonfils. Luynes feignit aussi de vouloir fe réconcilier avec elle, & employa leDuc de Montbason son beaupere, & le Duc de Rohan, auquel il étoic alliépar son mariage, qui étoit un des plus dignes & des plus sages Seigneursde France {a). Mais comme dans le fond ce n’étoit pas son intention,parcequ’il appréhendoit que la Reine ne reprit bientôt son autorité , ilprit d’autres mesures, qui lui parurent plus convenables à ses vues. D’a-bord il crut qu’il falloit ôter à la Reine Richelieu Evêque de Luçon ,quoiqu’il eût témoigné de l’affection pour lui, mais féloignement de cePrélat lui parut nécessaire, non feulefnent parcequ’il avoit été lié particu-lièrement avec le Maréchal d’Ancre , mais parcequ’il étoit persuadé deson inviolable attachement pour la Reine, & de fa capacité supérieure,ensorte qu’il ne pouvoir rien espérer de ses ruses, tant que la Reine au-roit un homme aussi pénétrant auprès d’elle ; il eut donc ordre de fe re-tirer à un Prieuré qu’il avoit en Anjou (b ), & là il reçut une Lettre decachet pour se rendre dans son Diocèse. Pour donner de l’occupation àson génie actif, il publia un Ecrit contre les Protestans ; la Cour instruitede son application à l’étude , ne crut pas qu’il donnât toute son attention àla Théologie & on s’imagina qu’il travailloit à des Mémoires pour justifierla conduite de la Reine-Mere pendant la Régence, de sorte qu’il eut ordrede même que son frere de fe retirer à Avignon (c). Quand il fut à cettedistance, Luynes crut pouvoir agir sûrement. II gagna la plupart des Da-mes qui étoient auprès de la Reine ; il permit que Larbin, qui étoit toujoursprisonnier à la Bastille écrivît à cette Princesse & en reçût des Lettres ; cesLettres passoient par les mains d’un parent de Larbin, lequel le trahit &montroit à Luynes toutes les Lettres. Après qu’il en eut fait l’usage qu’ilvouloir, il fit faire le procès à Larbin, & ne pouvant réussir à lui faireperdre la vie, il le fit condamner au bannissement,L engagea le Roi, sousprétexte d’adoucir la sentence de l’aggraver, en commuant la peine enprison perpétuelle ( d ). Luynes fit resserrer ensuite la Reine-Mere plusqu’elle ne l’avoit été, & enfin lui envoya le P. Arnoux Jésuite, Confesseurdu Roi, pour lui faire goûter ce traitement, & lui dire qu’il fesoit tous lesefforts possibles pour la réconcilier avec le Roi, mais que pour cela il fal-loit qa’elîe signât an Ecrit, où elle promettroit fous ferment, de n’avoiraucunç correspondance au dedans ni au dehors du Royaume qui pût préju-
(a) Mem. de Rohan L. I. & du Fils.
(L) Mem. de Basibmpiere, Bmiardlïiû. (<t) Mem.de Rohan, Hisi.de la Mere kde Louis XIII. du Fils.
(c) Mercure François, Bisl. de 1» Mere
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Section
XII.
Suite tin n -gne deLouisXJU,jusqu’à fymot t
Artifices deLuynespour tenirla Re-ine-mere pri-Jonniere,