284 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section dicter au service da Roi, de Tavertir de toutes les intrigues contraires à faXíl. volonté dont elle auroit connoissance, < 5 t de ne pas quitter Blois fans laSuite du permission du Roi (a). Arnoux revint à la Cour avec cette Piece ; maisí!ouísxíïi. Ie Confesseur de ía Reine, qui étoit aussi un Jésuite, aiant reconnu l’ar-jusqu’à /«tifice de son confrère, Taííura que son ferment étoit nul, & lui dit, quemort. comme Luynes compteroit fans doute beaucoup fur cet Ecrit, cela pour-
■-roit lui faciliter les moyens de s’échaper (b) , pareeque ses émissaires fe>
roient moins exposés.
Démêlé du Tandis que Luynes prenoit toutes ses précautions pour être entierementDuc d’B- maître du Roi, comme Tunique moyen d’assurer fa fortune, & qu’il amu-^duVair^le ^ P ar de belles mais trompeuses promesses ceux qui souhait oient la libertéDuc se ’re- à Prince de Condé & celle de la Reine, il facilita Tune & Tautre par lestire à Metz. mesures qu’il prit pour y mettre obstacle. Le Duc d’Epernon avoir eui6í 8. querelle avec le Garde des sceaux touchant la préséance dans le Conseildu Roi, & il avoir engagé plusieurs Ducs & Pairs dans son parti ; laquerelle alla enfin si loin, qu’il y eut des paroles fort vives en présen-ce du Roi. Louis, bien que seul, le prit si haut avec le Duc d’Eper-non, qu’il fit plus que ses Ministres, car il effraya tellement le Duc,que ce Seigneur résolut de quitter la Cour, & partit pour Metz dontil étoit Gouverneur, & où il vivoit & agissoit en Souverain (c). Sa
querelle avec du Vair ne servoit qu’à cacher le véritable sujet de son mé-contentement de la Cour ; c’étoit que Luynes avoit procuré à M. deGondi, si bien connu depuis sous le nom de Cardinal de Retz, lachapeau rouge, qui avoit été promis à T Archevêque de Toulouse, fils duDuc (d).
•L'Jbbé Un des Agens de la Reine-Mere étoit T Abbé Ruccellaï, Italien d’o-Ruccellaî rîgîne. Son père, qui avoit été employé dans les Finances, lui avoitnïTàtm. procuré en Benésices trente mille livres de rente, & lui en avoit laisséter de tirer encore davantage en mourant. C’étoit un homme actif & intrigant,la Reine de capable de faire toutes sortes de personnages, & qui à la réserve desSlois. àux qualités dont nous avons parlé, n’avoit point de caractère à lui.II avoit été ami du Maréchal d’Ancre, & avoit suivi la Reine à Blois,-mais comme ce triste séjour lui déplut, il revint à la Cour par le cré-dit de M. de Baísompiere (e). 11 s’étoit mis en tête que le Duc deBouillon, qui avoit toujours passé pour l’homme de France le plus con-sommé en fait d’intrigues, étoit le seul qui pût rétablir la Reine - Mere,II fit donner de faux avis contre lui - même à de Luynes, ce qui engagea leFavori à lui faire ordonner de se retirer dans une Abbaye qu’il avoit, pasloin de Sedan ; c’étoit ce qu’il demandoit pour pouvoir entrer en liaisonavec le Duc de Bouillon, Ce Seigneur, qui n’avoit pas grande opinion deRuccellaï, ne laissa pas de le recevoir civilement, & au bout de quelqueteins prit assz de confiance en lui ; il lui dit, que son âge, ses infirmités,
(a) Griffet Hist. de Louis XIII. fous de Bassompiere T. I. p m. 451, 453.
V an 6 r &■ (d, Mein. de Rohau T. I. P. I. p. m,
(ft ; Abrégé Chron.sous l’an-isiis. 112, 113.
( c) Hist. d’iípernon ï. II. L. VII. Me». (f) Mein. de Baffompiere 1 . c. p, 454.