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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. z8?

Fevrier ; elle doscendit par une fenêtre qui étoit fi haute qu’il fallut Sectiondeux échelles (d). La Reine rencontra en chemin l’Archevêque de Tou- xìi. *lousc fils du Duc, & fut conduite à Loches, où le Duc vint la recevoir ‘faà la tête de cent - cinquante Cavaliers; & delà elle alla à Angoulême(&), dans le tems que la Cour prenoit des mesures pour la transférer à jusqu'à saAmboife, & pour fy tenir prisonnière, ensorte que fa fuite fut auífi k-mort.propos que bien exécutée. - ~~

Pendant que la Cour étoit toute occupée des réjouissances qui se fesoient La Cour enpour le mariage du Prince de Piémont avec Madame Christine sœur du a ^ arm ^Roi, on y reçut la nouvelle de l’évasion de la Reine-Mere, qui étonnabeaucoup. Dans les premiers momens le Roi & ses Ministres ne parloientque de marcher à la tête de cent mille hommes pour remettre la Reine aupouvoir du Roi, & punir le Duc d’Epernon. Le Duc de Mayenne & leComte de Schomberg eurent ordre de commencer la guerre, & le Duc deNevers d’assembler une Armée pour former le íiege de Metz (c). Le Roitrouva néanmoins à - propos de consulter le Duc de Bouillon ; ce Seigneurlui représenta en termes respectueux que c’étoient des ennemis de l’Etat queceux qui lui conseilloient de faire la guerre à sa Mere, & de déclarer re-belles des gens de la premíere qualité, parcequ’ils aidoient une veuve, Merede leur Roi. Le Duc luifitconnoitre que le meilleur parti étoit de ménagert:n accommodement; & il finissoit en l'assura n t de la façon la plus forte defa fidélité (d). On commença donc à négocier, & on continua malgré lesManifestes les plus virulens que la Reine-Mere publia ; elle accusoit Luy*nés & ses freres d’abuser de la jeunesse du Roi, d’avoir foulé la justi-ce aux pieds par la mort de la Maréchale d’Ancre & de plusieurs au-tres personnes, pour s’emparer de leurs biens, d’avoir volé des millionsdes coffres du Roi, exilé la veuve de Henri IV, & voulu la confinerdans un Couvent ou dans une prison pour toute fa vie, & de tenir enprison le Prince & la Princesse de Condé , de l’innocence desquels elleétoit convaincue il y avoit longtems (c). Comme le Traité n’avançoitque fort lentement, Luynes proposa de rappelles l'Evêque de Luçon,àc le Roi lui écrivit de sa propre main (/). Ce Prélat ne fut bien reçude personne que de la Reine seule, quand il arriva à Angoulême. L’AbbéRuccellaï le haïssoit comme son rival, & le Duc d’Epernon se défioit delui. D’abord ils voulurent l’exclure du Conseil, ensuite après avoir con-senti qu’il y entrât, ils J’en exclurent. Bientôt les choses changèrent deface ; l’Abbé Ruccellaï proposa à Marie de Medicis d’abandonner le Ducjl’Epernon, & de lui enlever la ville d’Angoulême pour faire fa paix aveclu Cour. ^.a Reine rejetta ce conseil, en méprisa sauteur & informa leDuc de ses projets (g).

(а) Le même, Griffe t ubi fup. fous l’an Reine Mere du Roi fait au Roi son fils in

^19. Zvo- 1(519.

(б) Le même, Mein. de Rohan L. L (f) Hist. de Louis XIII & des princi-(0 Hist. d’Epernon T. H. L. VIII. paux Evénemens arrivés pendant ce régné(.d) Hist. de la Mere & du Fils T. II. p. dans tous les Pays du Monde T.III. p, 137.

33 s. Lettre du Maréchal de Bouillon au (g) Vie du Duc d’Epernon T. II, L. VIII.

”°i du 4 Mars 1619. Hist. de la Mere & du Fils T. IL p; 358-

Extrait des raisons L plaintes que la 360.