296 HISTOIRE DE FRANCE. Lîv. XXIII,
Section la réputation ; mais il scntoit qu’elle lui coutoit trop cher, & qu’il étoií, xii. impossible de parvenir à une solide grandeur par la ruine de son Royaume.Suite du j es £ cc iéfiastiques & ceux de leur parti l’affiegeoient tellement, qu’il
Louisxm.ne voulut pas entendre à une paix générale,& qu’il persista à fomenter desjtifqu’à ja ’ animosités : parmi les Protestans, & à corrompre ceux qui, quoiqu'ils enmon. disent, n’avoient d’autre Religion que leur intérêt, & ne pensoient qu'à-:— eux-mêmes. Insensiblement cet esprit devint dominant, & au lieu de ver-tu , d’honneur & de zeîe pour le bien public, on ne vit plus que cabales &intrigues, même parmi ceux à qui leur naissance & leur rang auroient ddinspirer d’autres sentimens.
•On résout Le Roi arriva à Paris au mois de Janvier 1622 ,aiant laissé le Duc d’An-de continuer goulême & le Maréchal de Themines aux environs de Montaubau avec desia guerre. ’p r0U p es Le Cardinal de Retz «Sc le Comte de Schomberg étoiencl622 ' à la tête des affaires. La Reine-Mere étoit assez en faveur, mais fans avoirde crédit (/;). La Politique des Ministres, excepté en ce qui regardoit lesProtestans qu’ils haïssoient & persécutoient furieusement, étoit foible & rem-plie de mauvaise foi ; car tandis que l’Ambassadeur du Roi à Rome sollici-tent , par son ordre, le Chapeau de Cardinal, pour l’Evêque de Luçon,Louis fit savoir au Pape, qu’il ne seroit pas fâché qu’on n’eût pas d’égardà fa demande (c). Le Prince de Coudé, qui aimoit l’argent & l’autorité,sollicita le Cardinal de Retz & Schomberg de s’unir avec lui, afin de for-mer un Triumvirat, qu’il imaginoit que rien ne pourroit rompre. La guerrecondnuoit toujours, même au cœur de l’Hiver ; le Maréchal de Theminess’empara de Bourniquet & de Négrepélisse ; mais les habitans de cette der-niere Place se soulevèrent & égorgèrent la garnison (d). Le Duc d’Elbœufbattit le Marquis de la Force le premier de Fevrier, & à la fin du mêmemois le Marquis de Lusignan à la tête d’un petit corps de Protestans sur-prit Clerac; le Maréchal de Lesdiguieres & îe Duc de Montmorenci étoiencaussi en campagne. Le premier qui étoit encore extérieurement Réformé,& s’intéressoit sincèrement aux malheurs de fa Patrie, se servoit du cré-dit qu’il avoit à la Cour pour y faire goûter des conseils pacifiques; ilinsinuoit en même tems que la guerre se fesoit avec tant de fureur, qu’elleétoit plus propre à dépeupler le Pays qu’à le soumettre (e). Le Roi mits affaire en délibération dans le Conseil; la Reine-Mere, le Chancelier deSilleri, M. de Vie Garde des Sceaux & M. de Puisieux opinèrent forte-ment pour la paix. Le Prince de Condé, le Cardinal de Retz, le- Duc deGuise & le Comte de Schomberg furent d’avis de continuer la guerre,par-cequ’iïs y avoient un intérêt visible,- leur avis ne laissa pas de prévaloir,principalement en aigrissant le Roi par leurs déclamations contre le manquede fidélité des Huguenots & les cruautés qu’ils avoient commises. II auroitété aisé d’y répondre si Lesdiguieres avoit été présent; quoiqu’il en soit leRoi fut si irrité, qu’il résolut de commander son Armée en personne (/).
Le
(A Daniel Journ. Hist. de Louis XIII. (d) Mem.de Rohan L. II. Daniel ubi íup.p m. 22. (e) Hist. de Lesdiguieres,
G) Henaiï.t , Vie de Richelieu T. I.p.92. (/) Mem. de Bassonipiere T. II. Mein.
(f) Vie de Richelieu 1 . c. p. 93. de Rohan 1. c.