HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIÏÏ.
La fin de la guerre donna lieu aux intrigues. Le Chancelier & M. de SectionF ui lieux son fils étoient en grand crédit, & desiroient ardemment de per* Kà àdre le Comte de Schomberg Surintendant des Finances & Grand-Maître de régné d eF Artillerie ; ils y auroient réussi plutôt qu’ils ne firent, fans le Maréchal LouisXin.de Bassompiere, à qui il avoit rendu bien de mauvais offices, & qui lui fw íVirendit service par pure générosité, parcequ’il avoit été son ancien ami & mr !qu’il étoit mal-traité (a). Les Protçstans commencerent à murmurer; car i es Mini-le Chancelier & Puisieux étant zélés Catholiques, & fortement prévenus Jim se per-pour l’Espagne, cherchoient à empêcher le Traité de Montpelier d’avoir t0US
son effet, & à rendre secrètement la paix plus préjudiciable aux Réformésque la guerre. Le sage Duc de Rohan, qui tâcha de s'y opposer, fut am -‘ larrêté à Montpelier ; mais comme il savoit se servir de la plume auífi bienque de l’épée le Roi désavoua ses Ministres, & on redressa les choses pourquelque tems, mais on ne fit rien pour guérir le mal radicalement (b). Lalleine-Mere fut admise dans le Conseil, sous la condition que l’Evêque deLuçon n’y entreroit pas (r), ce qui vu son caractère devoit le chagriner.
On ne voit pas cependant qu’il ait fait de grands efforts pour s’en procureri’entrée; il s’appercevoit aisément que dans l’état présent des choses, lesMinistres & les Favoris se traversant sans cesse les uns les autres, les af-faires s’embrouilleroient de façon que le Roi & les Ministres le recher-cheroient , ce que l’envie ou la prévention les avoit empêché de fairejusques alors. II est vrai que quelques-uns prétendent que pour dissiperson chagrin il composa quelques-unes des Histoires & des Satires de cetems-là , qui dévoiloient les fautes des Ministres, & fesoient voir évi-demment combien la fortune de quelques familles particulières coutoit cherau Public. Si le fait est vrai, le ressentiment l’emporta fur la raison,puisqu’il est certain, non seulement que son propre Ministère fut attaquéde la même maniéré, mais même que quelques-unes des pieces qu’on luiattribue, furent réimprimées contre lui. Quoiqu’il en soit, il est inconte-stable que par rapport aux Affaires étrangères & au manîment des Finan-ces , les Ministres du Roi consultoient plus leur propre intérêt que celuide leur Maître. Au lieu de profiter des troubles d’Allemagne, où ils au-roient pu occuper les Protestans à soutenir le Roi de Bohême, & pré-venir par là que ce Royaume ne fut uni aux Etats héréditaires de la Maisond’Autriche, ils resterent tranquilles spectateurs, & souffrirent que l’Empe-reur accablât ce Prince, & non seulement le dépouillât d’un Royaume, au-quel il avoit tout droit en vertu de son élection, mais encore de ses Etatshéréditaires & de la qualité d’Electeur. Ils ne se donnerent aucune peinepour désabuser le Roi Jaques I. & le laissèrent persister dans le projet bi-zarre & mal conçu de marier son fils avec l’ínfante d’Espagne, lequel, s’ilavoit réussi auroit été aussi préjudiciable à leurs intérêts qu’aux siens. Bienplus ils firent la même faute que ce Prince, & soit par crainte ou par en-vie d’obliger l’Espagne, ils agirent en Italie d’une façon qui n’étoit ni ho-norable, ni bien uniforme. Cette année moururent le Maréchal Duc de i<* 2 3-
(a) Le même. François.
GJ Mem. de Rohan L. IJI. Mercure (c) Le même, Henault.
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