302 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section tre (a). Cela donna lieu à des représentations fort vives de la part, daxii. p a pe & de l’Efpagne , mais le Cardinal répondit au Nonce & à l'Am-
Suiíe dti baí p ac j eur d’Espagne, qu’il étoit Ministre du Roi auíîi bien que Cardinal,LouísXiii. & qu’il sauroit bien soutenir l’un & l’autre caractère. II s’embarrassoitjusqu ',t te’d'autanc moins de ces représentations, qu’il avoic conclu un Traité avecmort. j es Etats - Généraux, & qu’il favoit que l’Angle terre étoit très • disposée àentrer en ligue contre I’Espagne. Le vieux Chancelier de Silleri étantmore au mois d'Octobre, d’Aligre lui succéda (b ). Le Roi étant en cerems - là brouillé avec la Reine sa femme & fort jaloux de son frere, jugeaà-propos de vivre en parfaite harmonie avec la Reine - Mere ; ensorte quele Cardinal paroìssoit n’avoir rien à craindre des intrigues, & peut-êtreaue lui-même le croioit; mais ce calme ne dura pas longtems.
Mariage du * Comme le Cardinal avoit eu lieu d’exercer fa prudence & son habiletéRoi Char- durant l'année précédente, il eut occasion de faire preuve de son courageles I. avec H de son activité en 1625, par une guerre. civile & étrangère. MaisMarie 6 de" avanc q ue si’ en parler, remarquons que le mariage du Prince de Galles &France, de la Princesse Henriette - Marie, arrêté dès le mois de Novembre, fut1625. célébré avec une grande pompe le 11 de Mai de cette année. Le Duc deChevreuse représenta Charles, devenu Roi d’Angleterre, & le Cardinal dela llochefoucault donna la bénédiction nuptiale (c). La nouvelle Reinepartit de Paris peu après, la Cour la conduisit jufqu’à Amiens; pendantce voyage le Duc de Buckingham, Favori de Charles, se conduisit si im-prudemment , qu’il ulcéra contre lui le Cardinal de Richelieu , & s’attirala haine de tous les François. Ce fut en ce tems-là, selon la remarqued’un judicieux Historien Italien (d ), que commencerent les malheurs del’Europe fous trois jeunes Rois, dont aucun ne manquoit de capacité pourgouverner, s’ils avoient voulu s’en servir, mais ils se livrerent aveuglé-ment à leurs Favoris; Louis XIII. au Cardinal de Richelieu, Philippe IV.au Comte Olivarez, & Charles 1 . au Duc de Buckingham. De ces troisMinistres le second étoit le plus infatigable, le troisième le plus franc L,leplus généreux, & le premier lans contredit le plus prudent & le plus heu-reux.
Seconde Si l’on s’en rapporte aux Historiens François la seconde guerre . contreguene con- les Réformés fous ce régné, fut commencée par M. de Soubise, sans quetre ks Ré- Poli Parti y concourut, & cela au mépris de l’autorité Royale, à en temsde paix. Voici la vérité du fait. Par le Traité de Montpelier, cettepvil-Traitédeia le devoit rester libre, & la Rochelle au même état qu’avant la guerre;Rochelle. malgré cela on avoit laissé jusques ici garnison dans Montpelier, & il yen avoit une très-forte dans le Fort Louis, construit pendant la guerrepour brider la Rochelle (e). La cause immédiate de la seconde rupturefut qu’on équippoic une Escadre dans le Port de Blavet, aujourd’hui l’O»rient, pour bloquer la Rochelle. Dans cette conjoncture critique, M. deSoubise offrit d’entrer dans le Port de Blavet avec quelques Vaisseaux,pour enlever ou détruire ceux du Roi qu’il y trouveroit, à ruiner les ma*
(aï Les mêmes, Griffa fous l’an S624. 1625. L» VajsorT. V. p. 165, r66.
(-) Les mêmes. (d) Nani.
{c) Mercure François, Griffa fous l’an («; Meui. de Rohan L, III.