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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 30Ifortune, que de ne pas donner à fa Majesté la satisfaction qu’elie^desiroicSficTroï?(ct) Le Roi lui - même n’étoit nullement prévenu en faveur du Cardinal ; xn.il régla donc que Richelieu viendroit au Conseil pour y dire simplement èson avis fur les affaires proposées, mais qu’il ne traiteroit d aucune affaire LouisXui.* dans fa Maison avec les Ambassadeurs étrangers, & n’y donneroit point jusqu'à sad’audience publique en qualité de Ministre (b). Le Cardinal en acceptant mort.

ces restrictions, les tourna en grâce; il dit, que la délicatesse de fa santé--

ne lui permettoit pas de fe charger du poids des affaires, cè qui avoit en-gagé le Roi de le dispenser de ce travail, faveur dont il lui avoit plusd’obligation, que de l’honneur qu’il lui fesoit de l’appeller au Conseil.

Ce n’étoit pourtant pas peu de chose, parceque fa dignité de Cardinallui fit avoir séance vis-à-vis du Cardinal de la Rochefoucault, au des-sus du Connétable, bien que les Secretaires d’Etat lui eussent autrefois dis-puté la préséance (c). .

Depuis quelque tems on traitoit du mariage de Charles Prince de Le CardûGalles, avec la Princesse Henriette-Marie sœur du Roi. Les Comtes nai de Ric-de Hoììand & de Carliste étoient venus à Paris en faire la demande, & che ' iea en ‘nonobstant les restrictions dont nous avons parlé, la nature de l’affairefit que le Cardinal fut mis à la tête des Commissaires nommés pour la trai- voìtbkntôtter. II la ménagea avec tant d’habileté , malgré les grandes oppositions à la tête.de la Cour de Rome, qu’il fe vit bientôt à la tête du Ministère ( d). M.de la Vieuville avoit depuis longtems paru y être ; mais en s’efforçant deperdre ou d’éloigner ceux qui lui déplaisoient, ou qui n’étoient pas con-tens de lui, il excita tant de plaintes contre lui, que le Cardinal n’eut pasde peine â le faire disgracier & à l’envoyer prisonnier au Château d’Am-boife (§), comme, il avoit fait mettre à la Bastille le Colonel d’OrnanoGouverneur du frere du Roi. Marillac lui succéda, dans la directiondes Finances, mais le Cardinal de Richelieu eut foin d’avoir une con-noissance si détaillée des divers départemens, que les Ministres subal-ternes n’étoient pas les maîtres de conduire les affaires à leur gré, decontrevenir aux ordres du Cardinal auífi peu qu’à ceux du Roi (/).

Mais bien que Richelieu disgraciât ou fît disgracier ses Rivaux, il nelaissa pas de rendre justice à leurs projets, & par cette raison il adoptacelui de Luynes pour ruiner les Protestans, & en violant plusieurs articlesdu dernier ^Traité, il les porta à prendre les armes, afin qu’on pût di-re ^ u'ils s’étoient attirés la guerre. Par la même raison il luivit les vuesqu’avoìt deja eues la Vieuville, pour faire prendre un nouveau tour auxaffaires en Italie; les Vénitiens avoient à la vérité conclu un Traitéavec le Duc de Savoye pour affoiblir la puissance de Espagnols; maisjusques ici on n’avoit encore rien entrepris pour exécuter le Traité.

■Aussitôt que Richelieu fut en crédit, il envoya le Marquis de Cœuvres,cn qualité d’Ambassadeur extraordinaire en Suisse, qui y leva des Troupes,avec lesquelles il chassa celles du Pape de la Valteline, & s’en rendit maî-

'a) Le Vassor Hist. de Louis XIII. T. ( d ) Mein. de Deageant.

IV. p. 660 («,- Wem. de Rohíiti 1 . c. & al.

(Z/ ; Le même. (f) Mem. de Deageant, Mem, de 3 aî-

(cj Hiít. de Richelieu T. I. p. ri4,115V foaipiere X. II.