3 o 6 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section de Montpensier & de Chatelleraut, on lui donna outre cela des pensionsXii. (a). Mais ses amis^ ne s’en reílentirent pas, comme il l’avoit espéré. OnSuìte da nomma des Commisiàires pour faire le procès au Comte de Chalais ; ils lere i ne . & condamnèrent comme criminel de Leze-Majesté, pour avoir conseillé à\uj\u'à h ' Monsieur de sortir des Etats de son frere, bien qu’il fût lui - même dome-mrt. J stique du Roi. Chalais, soit qu’on lui eût fait espérer la vie, soit par
. foiblesse ou pour la décharge de sa conscience, fit une ample confession,
qui ne lui servit de rien, car il fut décapité & souffrit la mort avec beau-coup de fermeté Si de constance (b). Le Maréchal d’Ornano auroit eusuivant les apparences le même fort, s’il ne fût mort à Vincennes d’unerétention d’urine ; il protesta avant que de mourir, qu’il n’étoit entré dansaucune conspiration contre le Roi (c). Les ennemis de Richelieu ont dit,qu’étant amoureux de la Duchesse de Chevreuse, il avoit lâché la bride àson ressentiment dans cette occasion, qu’en donnant de fausses espérancesà Chalais, il l’engagea à confesser tout ce qu’il voulut, & alors l’abandon*na à son malheur, en un mot que ses intrigues dans toute cette affaire fu-rent aussi inexcusables que la conduite des Conjurés. Ce ne font - là néan-moins que des soupçons, ou tout va plus des assertions; au lieu que lesfaits ont été vérifiés par des preuves incontestables Sc font consignés dansl’Histoire. Mais ils disent la vérité sur l’article de la Commission extraor-dinaire, qu’en cela le Cardinal en agit fort mal, puisque Chalais auroit puêtre convaincu par les voies ordinaires de la Justice, & que ce fut-là undangereux exemple, qui ne fut que trop imité dans la fuite. Quoiqu’il ensoit, il fit retomber sur ses ennemis forage qu’ils avoient excité, s’assermitplus que jamais dans le Ministère, persuada au Roi que sa Majesté avoitbesoin pour sa conservation, qu’il fût puissant, & obtint pour sa proprefureté un privilège fort extraordinaire, qui étoit d’avoir des Gardes, quil’accompagnoient partout, même à la Cour (d).
Brouillerii Quoique la Conjuration fût dissipée, elle ne laissa pas de produire deavec r An- fâcheux effets. La Duchesse de Chevreuse, veuve du Connétable de Luy-nés, que le Roi haïssait, après savoir fort aimée, s’étoit acquis beaucoupLesdiguie- de pouvoir fur l’esprit de la jeune Reine, & auroit pu en avoir sur le pre-rcs. mier Ministre, si elle avoit voulu; elle reçut ordre de se retirer, maispassa en Lorraine, où elle commença à intriguer de nouveau Le Comtede Solfions n’étoit pas non plus oisif à Rome. Mais celui qui fit le plus demal fut l’Abbé de Scaglia, que le Duc de Savoye envoya en Angleterre;il s’insinua dans les bonnes grâces du Duc de Buckingham, Sc engagea ceFavori à porter le Roi son Maître de renvoyer tous les Domestiques Fran-çois de la Reine, à la réserve de son Confesseur. Cette action causa uneII grande mésintelligence entre les deux Cours, que Louis envoya le Maré-chal de Bassompiere à Londres pour ménager un accommodement (e).L’actif ôi artificieux Italien ne s’en tint pas là, comme il cherchoit à allu-
ma) Bernard Hist. de Louis XIII. & al. (d) Hist. de Richelieu T. I. P. "505.
{») Meni. de Bassompiere 1 . c. Vimrio (e) Mem. de Rohan L. IV. Ruíhworth'sSiri ubi sup. p. 158 & (uiv. Collect. s. I. n, 4.23.
(c) Grijftt sous l’aiì 1626.