3 o 8 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section quelque éclaircissement. Voici le fait. En entrant dans le Ministère ,
XII. Richelieu se proposa l’abbaissement de la Maison d’Autriche ; il en avoit de
Suite du bonnes raisons, & de Luynes l’avoit négligé par des considérations per-LouisXiil. Tonnelles. Cette Maison étoit devenue très - redoutable à la France, par*ùquà sa ceque l’Empereur visoit à être le maître absolu en Allemagne , tandisque
mort. ]e Roi d’Efpagne étoit fur le point de le devenir en Italie. On pouvoic
,l "' commodément entreprendre de s’opposer à cette grande puissance, par*ceque les Princes d’Allemagne & d’Italie , la Couronne de la GrandeBretagne, & iá République de Hollande, écoient très - disposes ù so ligueravec la France pour ce dessein. Le Cardinal, en habile Politique résolutde se prévaloir de ces avantages, & commença par un acte de vigueur, enenvoyant le Marquis de Cœuvres pour recouvrer la Valteline, & en don*nant du secours aú Duc de Savoye.
Ce sujet Mais lorsqu’il vit que ces démarches allarmoient la Cour de Rome au*éclairci, tant que celle d’Ëspagne, qu’elle commençoit à le traiter d’Hérétique ouau moins de fauteur d’Hérétiques, & que cela ranimoit la Faction Espa-gnole en France, il jugea à - propos de changer de conduite, c’est - à - direpar rapport à l’exécution de ses projets, mais non à i’égard de ces projetsmêmes. 11 avoit tâché auparavant de cajoler les Protestans, en insinuantl’envie qu’il avoit d’abaisser >'Espagne; mais à présent il donna à entendreaux émissaires de Rome & d’Espagne, qu’il agiroit contre les Réformés,plus lentement, mais plus sûrement sous des apparences de paix , qu’entems de guerre, que s’il avoit abandonné le Duc de Savoye, ç’avoic étépour sauver la Valteline; ce qu’il jugeoit absolument nécessaire pour main-tenir les choses dans l-’état où elles étoient, jusques à ce qu’il pût exécuterl’autre partie de son plan II est certain qu’ilTexécuta avec toute l’habiletéimaginable, ce qui n’empêcha pas que ce prompt changement ne l'expo-sât autant, qu’il l’auroit été en suivant son premier projet (a). Les Espa-gnols persistèrent dans leurs'soupçons; le Duc de Savoye demeura toujourségalement implacable & ardent à se venger; les Anglois accusèrent à justetitre le Cardinal de mauvaise foi, parcequ’il leur avoit fait espérer de sejoindre à eux contre i’Espagne, & les en avoit en quelque façon assurés;& les Princes d’Allemagne n’étoient pas moins choqués,en se voianttrom-pés dans l’espérance qu’ils avoient conçue d’une Ligue générale, qui sené-gocioit à la Haye, & quin’eut point lieu, par ce changement de mesuresde la part de Richelieu. Les Réformés de France furent encore plus allar-més, & avec raison. 11s voyoienc qu’on leur enlevoit plusieurs de leursvilles de fureté, qu’on mettoit des Magistrats Catholiques dans la plupartde leurs grandes villes, qu’on avoit bâti une Citadelle à Montpelier, quele Port de la Rochelle étoit en quelque maniéré bloqué par le Fort Louis,& par la garnison de l’iíle d’Oleron, où on avoit fait des fortifications, &dont le Cardinal payoit la garnison de ses propres deniers (à).
Causé de la Nous avons vu plus haut,que par le conseil du Duc de Buckingham, qu!gmrre avec gouvemoit la Cour de Londres,, on avoit fait des ouvertures aux Réfor-més d’un íècours de i 3 part de l’Angleterre. Ce fut par le canal du Ducu^Rêfor- de Soubise, qui s’étoic retiré en Angleterre,. L comme il étoit naturel, i!
(a) Jkrnm íGíï» d’e Louis XIII, Aiibtnl. c, (S) Métn. dé Rohan L. IV*