HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 30 ç>
s’adreffa au Duc de Rohan son frere; mais ce Seigneur s’excufa d’entrete- Sectioiínir directement correspondance avec le Duc de Buckingham, à cause du xn.danger qu’ii y avoic, la Cour de France aiant toujours du soupçon contre àlui ; mais il envoya M. de Saint Blancard pour instruire la Cour de Londres louîsXiii,de la situation des Réformés, & ensuite il reçut un Agent du Duc, avec jusqu’à la 'lequel il prit ìes arrangemeas nécessaires («). L’Ageat Anglois, si nous mort.en croyons le Duc de Rohan, promit plus qu’on ne pouvoir tenir ; car il —" *
lui fit espérer qu’on feroit invasion par trois endroits, dans l’iíle de Rhé,à l’embouchure de la Garonne, & en Normandie; le Duc de Rohan s’en-gagea de joindre les Anglois avec un bon corps de Troupes, auíîìtôt qu’ilsauroient fait descente. 11 y a tout lieu de croire que la Cour d’Angleterrecomprit que le Duc de Rohan traitoit au nom de tout le Corps des Réfor-més de France. En vertu de ces arrangemens les Anglois commenceront àenleverdes Vaisseaux François; & Buckingham s’imaginant qu’il intimide-roit la Cour en parlant haut, voulut venir en qualité d’Ambassadeur à Pa-ris. Louis s’y opposa, ce qui piqua tellement le Duc, que la France aiantusé de représailles, on en vint à une rupture,fans autre formalité (b). LesFrançois attribuent la conduite du Duc à fa passion pour la Reine de Fran-ce , & à son aversion pour le Cardinal, qui n’est pas douteuse. Mais il nefera pas inutile d’observer, qu’il y avoit quelque chose de plus, & que laconduite du Duc ne fut pas aussi extravagante qu’on le prétend générale-ment. On a vu plus haut, que dans le tems du mariage de Charles I. avecla sœur de Louis XIII. la premiere affaire publique du Ministère de Riche-lieu, òi dans laquelle il agit avec tant de fermeté, qu’il menaça la Courde Rome de passer outre fans dispense, si l’on continuoit à différer de ladonner, on a vu dis-je qu’on présuma généralement que la France se join-droit à l’Angleterre pour faire la guerre à l’Espagne ; le Cardinal aiant faitconnoitre qu’il ne pouvoit le faire, si les Rochelois n’étoient contraintsd’accepter la paix, il engagea Buckingham à envoyer les Vaisseaux de sonMaître pour seconder les François; ce qui souleva toute la Nation Angloisecontre lui, & fut un des principaux fondemens de l’accusation portée à sacharge. Alors Buckingham changea de système auffi bien que Richelieu,pressa la Cour de France de faire la paix à des conditions raisonnables avecles Rochelois, & s’en constitua garant s’ils l’acceptoient. Mais lorsqu’ilsl’eurent acceptée, & que le Duc vit que la France ne vouloit ni seconderl’Angleterre contre l’Espagne, ni accomplir le Traité fait avec les Réfor-més , il ne lui resta plus d’autre ressource, surtout après le mauvais succèsde la Flotte qu’il avoit envoyée à Cadix, pour regagner l’affection de laNation Angloise » que de rompre comme il fit avec la France, en faveurdes Protestans ; & ce ne fut pas tant la faute des mesures qu’il prit, que lamaniéré dont il les exécuta qui perdit ce Favori (c). D’autre part, le Car-dinal toujours maître de lui-même, & dont le génie égaloit la grandeur deíès projets, profita de cette occasion pour faire un Traité avec i’Eípagne
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