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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Lïv. XXIII. ?r3

des uns & de l’autre. Richelieu étoit exactement informé de la situation Sectio*des choses, il apperçut que l’occasion e'toit favorable & la saisit. II se dé- itermina à assiéger une Place d’une grande étendue, trés-bien fortifiée,pour- re ^ e d *vue d’une nombreuse Artillerie L de munitions de guerre, défendue par LouisXm.des habit ans courageux, attachés à leur Religion & déterminés, & qui Miu’àsaavoient pour Maire M. Oui ton, qui e'toit un homme d’un grand sens, de nort ’beaucoup d’expérience, & d’un courage invincible. L’Armée du Roi n’é-toit que de vingt-trois mille hommes. Ce Prince, comme nous l’avonsdit, se trouva au siégé, mais le Cardinal y commanda, aiant fous lui leDuc d’Angoulême & les Maréchaux de Schomberg & de Baíïompiere (d).

La Circonvallation étoit de trois lieues, où il y avoit treize Forts avec desredoutes, garnis d’Artillerie; mais le grand point étoit de fermer le Port;on essaya d’enfoncer des pieux pour en embarrasser rentrée, mais ce futinutilement. On tenta aussi la voie d’une barre avec aussi peu de succès.

Le Cardinal fêlant réflexion fur ce que César avoit fait à Durazzo & Ale-xandre le Grand à Tyr résolut de faire une digue. Quand il en fit la pre-mière proposition, ceux qui étoient naturellement des Juges compétens,Iatraitèrent de ridicule ; ils dirent qu’il y avoit bien des choses qui fesoientbelle figure, sur le papier, & qui réussissaient fort mal quand il s’agissoitd’en venir à la pratique. A la fin Louis Metezeau & Jean Tiriot, dontles noms méritent d’être conservés, entreprirent d'exécuter le projet duCardinal. On commença l’ouvrage le z de Décembre ; le dessein étoit defaire une digue solide qui barrât un canal qui avoit sept-cens-quarante toisesde largeur , où la Mer rouloït avec beaucoup de violence, & quand levent étoit fort, avec une impétuosité, à laquelle il scmbloit ridicule de vou-loir opposer aucun ouvrage humain. On enfonçoit dans la mer de longuespoutres de douze en douze pieds, liées ensemble par d’autres poutres misesen travers ; on jettoit entre ces poutres des pierres seches, fans autre ci-ment que celui de la vase que la mer portoit dans les intervalles. On élevala digue si haut, que dans les pins hautes marées les soldats y étoient à sec.

Elle avoit par le bas environ douze toises de largeur, & quatre seulementpar le haut, desorte qu’elle étoit en glacis. On éleva à chaque bout unFort, & on laissa au milieu une ouverture de quatre toises, pour donnerun libre cours à i’eau de la Mer, & dans cet espace vuide on fit couler àfond des navires vuides remplies de pierres maçonnées, on fit devant cetteouverture un double rang de pilotis, & il y avoit devant ceux-ci trente-cinq Bâtimens, attachés les uns aux autres. Cette prodigieuse digue futachevée au mois de Mai 1628 (b). Cet ouvrage éclipsa entierement toutce qui se fesoit du côté de terre, qui sans cela auroit paru extraordinaire.

Les Troupes étoient bien logées, régulièrement payées, & de tems entems on fesoit des gratifications aux Officiers & aux soldats ; d’ai|leurs onfournissoit aux derniers, quand ils en avoient besoin, des chapeaux, dessouliers & des capottes. Les marchés étoient bien fournis, en sorte queles vivres & les rafraichissemens ne manquoient point. Les malades & les

■ Q? ^ ernarií Hist. de Louis XIII. Mem. Q>) Hist. de Richelieu T. I. p. 262,263»te Uailompiere 1 . c.

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