HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 3T? -
considérables fur pied en Languedoc, en Guienne & dans les Cevennes, <Sc Sectionentre autres Places fortes dont il étoit maître, on comptoit Nífmes, Usez, xii.Montauban, Castres, Privas, Alais, Milhaud, Sainte-Afrique. Au mois “*£***de Mai,, le Roi assiégea Privas, Place forte dans le Vivarais; elle fe dé- Louisxujfendit vigoureusement, pendant douze jours, enforte que le Roi y perdit jusqu’à saquelques centaines d’hommes. A la fin les assiégés fe trouvant fort prés* mrt -sés & fans espoir de secours, la Garnison se retira dans le Château, & unepartie des habitans dans les montagnes. Ceux qui étoient dans le Châteaufurent obligés de se rendre à discrétion ; le feu aiant été mis aux poudres,on en prit occasion de dire qu ils avoient voulu faire fauter ceux qui étoiententrés dans.la Place, deforte qu’on les fit périr de différentes maniérés,&un grand nombre furent pendus en présence du Roi, car ce Prince étoitnaturellement fevere (a). Le Cardinal, qui avoit la fievre , ne fut pasprésent, circonstance dont on a eu soin d’instruire le Public ( b). Le sortde Privas effraya ceux d’Alais; enforte que quoique la Place fût bien forti-fiée, & que le Duc deRohan l’eût pourvue de tout pour febien défendre;ils commenceront à traiter aussitôt qu’il fut éloigné, & obtinrent par l’en-tremife du Cardinal une capitulation assez avantageuse qui fut exécutée debonne-foi.
Richelieu eut soit d’en informer le Duc de Rohan, & lui fit dire qu’il £« Duc depouvoit traiter pour lui-méme & de la paix générale; que s'il attendoit ^an sel’extrémité, il s’expofoit avec tous les Réformés à une totale ruine, Le(T^.’ &Duc étoit convaincu que cela n’étoìt que trop vrai; n’aiant tiré aucun smìr% lSavantage de son Traité avec l’Espagne & de ses intelligences avec le Duc France.de Savoye ; il résolut donc de profiter de l’avis, mais il traita honorable-ment pour tout le Parti Réformé & du consentement dune Assemblée. LeTraité fut signé le 27 de Juin (c) ; les Réformés furent rétablis dans lajouissance de leurs biens, obtinrent le libre exercice de leur Religion &tous les privilèges qui leur avoient été accordés par l’Edit de Nantes,mais toutes les fortifications de leur villes de fureté furent rasées, & par làils fe trouvèrent dans l’impuissance de se défendre. Les Ducs de Rohan& de Soubife eurent leur pardon & furent rétablis dans leurs biens. LeRoi ne voulut point voir le premier, & l’obligea même à sortir de Francepour quelque tems, deforte qu’il partit pour Venise; on lui donna pouradoucir son exil une bonne somme d’argent (d). Le Cardinal engagea leRoi à retourner à Paris, à cause des chaleurs du Languedoc, où la pesteétoit même en quelques endroits; mais lui- même resta en Languedoc, &alla à Montauban ; les habitans de cette ville avoient refusé d’effectuer leTraité, parceque leurs fortifications dévoient être rasées , & que cettecommission regardoit le Prince de Condé; le connaissant capricieux &cruel, ils fe seroient défendus contre lui jusqu’à Textrémité, mais ils ne fefirent aucune peine de recevoir le Cardinal avec ses Troupes. 11 y de#weura deux jours, fit un accueil fort gracieux à touc le monde, & même.-
(à) Meni. de Rohan I. c. (c) Mem. de Rohan ubisup:•
(£) Juberi Híst, à Richelieu L» III. (d) Bernard BLfl, de Louis X1IL-
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