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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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SectionXII.Suite durégné deLouis XIII,jusqu’à samort.

Démêlé en-tre la Rei-ne -Mereb le Ducd'Orléans,

ZiF HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.aux Ministres, qu’il reçut à titre de Gens de Lettres. II fie exécuter ponc-tuellement le Traité , laissa la ville telle qu’il l’avoit trouvée & permitaux habitans de démolir eux - mêmes leurs fortifications ; il les paya mêmede leur peine. Après avoir mis ordre à tout il revint à Paris, où il trou-va la Cour remplie de trouble, & il se vit lui-même en une telle situation,que dès le lendemain de son arrivée il demanda au Roi la permission de seretirer chez lui (a).

Nous avons parlé plus haut du ressentiment de la Reine-Mere contre leDuc de Mantoue, principalement à cause de la passion que Monsieur té-moignoit pour la fille du Duc ; cela fut cause que ce nouveau Souverainfut protégé & persécuté en même tems par la France; on lui fit savoirqu’il ne devoit espérer aucun secours, â moins qu’il ne fît venir fa Filleen Italie, & quand il envoya un Gentilhomme pour la venir prendre, ellefut arrêtée en chemin, pareeque Monsieur menaça d’en venir aux dernieresextrémités, íì on la fefoit partir. II feignit alors de fe refroidir, ik laReine - Mere résolut de nouveau de la faire sortir du Royaume ; mais ellerévoqua ses ordres, en apprenant que le Duc d’Orléans avoit dessein d’en-lever la Princesse de Gonzague en chemin, & de fe retirer avec elle enFlandres. Marie de Medicis en fut si irritée, que pendant que le Roiétoit à l’Armée, & qu’elle étoit Régente, elle fit arrêter la Princesse deMantoue, avec la Duchesse de Longueville fa tante, qui furent menéespar son ordre à Vincennes. Monsieur fe retira à Joinvil!e,qui appartenoitau Duc de Guise, & le Roi ne put s’empêcher de témoigner qu’il n’ap-prouvoit pas la violence de fa Mere ; il regarda d’ailleurs la conduite deson frere avec mépris, très-content que le Cardinal eût affermi l’autoritéRoyale de façon que tous ses sujets de quelque rang qu’ils fussent la refpec-toient également (L). La Reine-Mere s’étoit flatée que le Cardinal en-treroit dans toutes lès vues ; mais quand elle vit qu’il ne desapprouvoitpas la passion de Monsieur, & qu’elle étoit brouillée avec ses deux fils, ellele traita fort durement, lui reprocha qu’il lui devoit fa fortune, & qu’ilétoit le plus ingrat & le plus perfide de tous les hommes. Dans le mêmetems, le Duc d’Orléans fe retira à Nanci & publia un Manifeste, dans le-quel il accufoit le Cardinal de toutes ses disgrâces, en lui donnant l’odieuxtitre de Maire du Palais, le taxant d’usurper l’Autorité Royale, d’être fau-teur de son exil & de toutes les miscres de la France (c). Le Cardinal de- *manda alors au Roi la permission de fe retirer, mais Louis, qui le regar-doit comme un Martir aussi bien que comme son Ministre,la lui refusa (d).Mais pendant qu’ils étoient embarrassés par ces brouilleries domestiques,les affaires étrangères prirent un tour, qui obligea le Roi de faire leCardinal, ce que Monsieur l’avoit nommé; ce qui fait voir que quelquesPrinces, qui sont incapables d’étre jamais des Politiques, peuvent par hazardêtre Prophètes.

(a) Hist. de Richelieu T. I. p. 4 SZ. (c) Les mêmes.

(b) Mem. de Brienne T. II. fous l'an (rf) Hist. de Richelieu I. c. p. 463,464-

l 6 ì 9 - Hist. de Richelieu T. I. p. 460.