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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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SectionXII.Suite durégné deLouisXIlIjusqu’à samort.

Exécutiondu Mari •chai deMarillac,JÚ32.

3 H HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXI1L

Ministre, établit une Chambre de Justice, & prit, dit - on, des meíurespour renvoyer fa Mere à Florence. La Reine -Mere s’échapa deCompiegne, & se sauva en Flandres vers le milieu de Juillet ( sl ). La nou-velle Cour de Justice condamna un Médecin nommé, Duvaì aux galères,pour avoir prédit la mort du Roi; le Duc de Rouannes, le Marquis de laVieuville,Ia Marquise du Fargis & le P, Chanteloube surent condamnés á■ mort & exécutés en effigie. Vers la fin de l’année le Roi marcha enLorraine, & il contraignit le Duc de faire un Traité aux conditions qu’ilprescrivit & à chasser de ses Etats tous ceux qui s’y étoient réfugiés (b).Pendant tous ces troubles, le Roi érigea la Terre de Richelieu en Duché-Pairie, dont le titre devoit passer à ses héritiers en général tant mâles quefemelles, desorte qu’on le nomma le Cardinal Duc (c), comme on appel-loit Olivarez le Comte-Duc; Louis donna auíîì à son Ministre le Gouver-nement de Bretagne vacant par la mort du Maréchal de Themines.

Le Roi & le Cardinal, qui se déficient avec raison du Duc de Lorrai-ne, l’obligèrent de leur remettre Mariai, ce qui néanmoins ne le retintpoint ainsi qu’ils s’y attendoient (d). La Reine - Mere écrivit une Lettreau Parlement, dans laquelle elle accusoit le Cardinal de vouloir faire tom-ber la couronne sur la tête du Comte de Boissons. Cela ne produisit d’au-tre esset, que de procurer une fin tragique à un des plus fídeles Serviteursde cette Princesse, nous parlons du Maréchal de Marillac. Une Cour ex-extraordinaire de Justice le condamna à la mort pour péculat, & la senten-ce fut exécutée en Greve le 1 o de Mai (e). Ce fut-là une des actions lesplus dures, & dans l'opinion du Public une des plus injustes que le Cardi-nal ait faites. On allégua pour la justifier, que la Reine- Mere avoit ga-gné le Maréchal pour favoriser les Espagnols au préjudice du service duRoi, mais qu’on n’en avoit pas voulu parler dans son Procès, par respectpour cette Princessé ; comme si l’on devoit plus d’égards aux Princes qu’àla Justice. Le véritable crime du Maréchal étoit, qu’il avoit dit à Lyon parmiceux de fa Cabale, que le plus court expédient pour se délivrer du Cardi-nal étoit de le tuer, & qu’il avoit offeVt de le faire lui - même. Son frerele Garde des Sceaux mourut peu après de chagrin (/). Le Roi & le Car-dinal , aiant appris que le Duc de Lorraine assembloit des Troupes & tâ-choit de tirer du secours d’Allemagne, s’avancerent avec une petite Armée& s’emparerent de plusieurs Places; comme ils étoient fur le point d’in-vestir Nanci, le Duc conclut à Liverdun un Nouveau Traité (g) par lequelil confirma celui de Vie, & pour fureté de fa parole il donna Stenai, Ja»mets & Clermont, les deux premieres Places pour quatre ans, & la der-niere pour toujours. Cette courte guerre étoit d’une fort grande consé-quence, parcequ’elle empêcha le Duc , Prince très-habile quoiqu’ìncon-ítant, & un des meilleurs Capitaines de l'Europe, d'exécuter le projet qu’il

(a) Mein. de Brienne ì. c. p. 60. Iiist.•de Richelieu L. III.

(b) Les Auteurs cités,

(c) Hifc. de Richelieu T. II. p; u.

(d) Mem. de Beauvau p. m, 21.

(e) Relation véritable de ce qui s’eít

passé dans le procès du Mar. de Marillac?Journal de Richelieu T. II. p. 1. Vittori* :Siri T. VII. p. 495 & suiv.

(/) Hist. de Richelieu T. II. p. 51..(§) Mem, de Beauvau p,. 2z.