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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE [DE FRANCE. Liv. XXIII. S23

te six mille hommes, pour rétablir les Princes de l’Empire, qui avoient Sectionété dépouillés par la Maison d’Autriche (a). Dans le même tems, onnégocioit en Italie, pour y maintenir la tranquillité, & le Cardinal fi ^ régné'u esentir aux Espagnols qu’ils avoient perdu la supériorité en fait de Trai- LouisXírr.tés, dont ils avoient été fi longtems en possession. Car dans le mêm ej u si u ’^S atems & dans le même lieu où l’on négocioit publiquement, Richelieu mri 'conclut un Traité secret avec le Duc de Savoye, par lequel ce Prince ía Maisoncédoit Pignerol à la France pour des Terres qu’on ôta au Duc de Man- d’ Autriche.toue. Ce Traité fut signé le 31 de Mars; & vers la mi-Avril on signa 1631.le Traité public de Querasque, par lequel les Espagnols s’imaginerentavoir trompé les François, en fêlant céder au Duc de Savoye les Ter-res dont nous avons parlé. En vertu de ce traité Pignerol devoir-êtrerendu au Duc, qui en prit possession par une garnison, qui ignoroit,qu’il y avoit un plus grand nombre de François cachés dans la citadelle.

Au mois de Mai la France fit avec l’Electeur de Bavière un Traité dela même teneur que celui qu’elle avoit fait avec la Suede (b). Au moisd’Octobre, sous prétexte que le Traité de Querasque n’avoit pas été ponc-tuellement exécuté, on en signa un avec le Due de Savoye, par lequel cePrince confentoit de recevoir dans Pignerol pour six mois une garni-son Françoise, afin de cacher celle qui y avoit toujours resté. On en-voya aussi un bon corps de Troupes pour prendre possession de Casai, duconsentement du Duc de Mantoue, & à l’entiere satisfaction des Princesd’Italie, qui commençoient à parler en gens libres, & ne se fesoient pasdifficulté de demander justice de ceux qui pendant une longue fuite d’an-nées les avoient traités en Maîtres. Le Cardinal s’étant ainsi étroitementlié avec les Princes d’Allemagne & d’Italie, ne se fit plus un scrupule derendre le Roi absolu dans ses Etats, & de faire sentir aux personnes detout rang que les choses avoient bien changé de face depuis le tems qu’ilétoit.entré dans le Ministère; ce qui lui fit un grand nombre d’ennemis se-crets, & peu de véritables amis.

Peu de tems après la feinte réconciliation, la Reine-Mere recommença La Reine -à se répandre en plaintes contre le Cardinal; le Duc d’Orléans fit plus; il Mer s #alla chez le Cardinal fort accompagné, dans l’intention à ce que l’on crutde faire quelque coup extraordinaire , mais il fe contenta de lui faire de ‘jfùvsgrands reproches , <Sc quitta la Cour (c). Au mois de Fevrier, le Roi en Flan-engagea la Reine-Mere á le suivre à Compiegne, & après avoir fait inu- à.tìlement tous ses efforts pour l’appaiser, il partit brusquement, & la laissaavec une Garde (d). La Princesse de Conti, les Duchesses d’Elbœuf, deLesdiguieres, & d’Ognano furent exilées, le Maréchal de Bassompiere &quelques autres furent envoyés à la Bastille (e). Le Duc d’Orléans se retirae n Lorraine, où il s’engagea avec ia Princesse Marguerite sœur du Duc,

& il fit présenter au Parlement une requête, où il se déclaroit Partie con-tre le Cardinal. Le Roi en vint alors aux dernieres extrémités, justifia son

(a) Bernard Hift. de Louis XIII. Richelieu & aï.

(b) Auberi Hist. de Richelieu. (d) Henauìî & aï.

(c) Mein. de Brienne T. II. Hist. de (e) Bernard & les autres.

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