HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXTIL 5S3
(a). Les Espagnols ne furent pas sitôt informes de ce Traité, qu’iîs For- Sbcttonmerent le projet de surprendre Treves ; le Gouverneur de Luxembourg XII.l’exécuta, surprit & tailla en pieces la garnison Françoise, pilla le Palais àde l’Electeur & l’emmena prisonnier en Flandres, pour s’être mis fous la LouisXin.protection de Louis (b). Le Cardinal saisit cette occasion pour déclarer la jusqu'à /«-’guerre à l’Espagne (c), & publia un long Manifeste, auquel les Espagnols mwt -ne tarderent pas de répondre. La Reine - Mere avoit écrit au Roi une 'longue Lettre pour le dissuader d’une guerre, qu’elle lui représenta commeaussi nécessaire à son Ministre, que fatale pour lui - même. Cette Lettrefut envoyée à Mazarin, Nonce du Pape,, qui après savoir communiquéeà Richelieu la présenta au Roi. Ce Prince l’aiant lue, lui dit , que lerespect qu’il avoit pour sa mère l’empêchoit d’y répondre, pour ne pas luireprocher fa partialité pour les Espagnols & le peu d’égard qu’elle avoitpour son honneur & pour ses intérêts ( d ).
En conséquence du Traité conclu avec les Etats Généraux, l'Armée Commence;Françoise, commandée par les Maréchaux de Chatillon & de Brezé se mit decaien marche pour joindre celle du Prince d’Orange à Mastricht. Les deux te s uerrsMaréchaux avoient six mille chevaux & vingt-quatre mille hommes deL^A»pied. Ils rencontrèrent l’Armée Espagnole , commandée par le Prince U mécmuThomas de Savoye, forte de seize mille hommes ; elle étoit postée si a van- tenumtntrageusement, que les Espagnols n’appréhendoient point du tout d’être at -général.raqués. Mais les François vifs & ardens à l’ouverture de la campagne,fondirent fur eux avec tant d’impétuosité, qu’ils furent totalement défaits,il en resta quatre mille fur la place, on prit quinze - cens prisonniers, avecleur bagage & toute leur Artillerie. Cette action qu’on appeila la batailled’Avein, se passa le 20 de Mai (e). L’Armée victorieuse continua samarche vers Mastricht, où elle joignit le Prince d’Orange, qui en prie lecommandement, ils attaquèrent Tirlemont, Place forte & J’emporterentf épée à la main ; la ville fut saccagée & il s’y commit de grands désordres,que les Hollandois rejettoient fur les François, & les François fur les Hol-landois (/). Ils allerent ensuite assiéger Louvain , mais par la mesintelli.gence entre les Généraux ils furent obligés de lever le siégé. Ils entrerencalors en quartiers de rafraîchissement : mais ceux des François, furent íìmauvais, que cette florissante Armée sc fondit de façon, que les débris re-vinrent en France par petites troupes. Ce mauvais succès chagrina extrê-mement le Cardinal, d’autant plus qu’il excita de grands murmures enfFrance, où le poids des.impôts & d’autres maux indispofoient fort lespeuples. Du côté de ì’Allemagne, les affaires scmbloîent prendre de plusen plus un mauvais tour ; les Electeurs de Saxe & de Brandebourg firent lapaix avec l’Empereur,. & la plûpart des Princes deTEmpire suivirent leurexemple ; le Cardinal avoit bien de la besogne à maintenir les Suédois enétat de continuer à faire diversion dé ce côté-là, quoiqu’il eût envoyé.
(«) -Auberì Mem. de Hollande, p.
269
ib) Hist, <Jc Richelieu ubi fup. p,a j e.
268, (c) Là même p. 236.
(d) Hubert Hist. rie Richelieu T. II.215, (e) Henault, Griffée fous l’an 1635.
(/) fiist.de Richelieu L c. p. 238.
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