HISTOIRE DE FRANCE. Lit, XXIIt 53S
fait Dac & Pair de France (a). Cette grande fortune ne dtira pas long- Sectionrems, car il parut bientôt que le Cardinal & lui ne pouvoient vivre en bon- Xii.ne intelligence. Le Roi vouloir absolument rompre lé mariage de son fre- àre, le Cardinal souhaita que Puilaurens y disposât son Maître & ne vou- louìsxjíí;lut pas croire qu’il ne pût y réussir. . D’autre part Puilaurens auroit bien jusqu’à sa.voulu avoir part aux affaires, ce^qui indisposa tellement le Cardinal qu’il mort ‘engagea le Roi à faire arrêter ce Favori au Louvre <S c à l’envoyer prison» '
ner à Vincennes, où il mourut le premier de Juillet ; & l’on soupçonnaqu’il n’étoit pas mort de mort naturelle (b). On tâcha d’appaiser le Ducd’Orléans son Maître, en lui donnant entrée dans le Conseil; mais la pertede son Favori & remprisonnement de quelques - uns de ceux qui étoient àlui, ne changèrent rien à ses dispositions fur l’article de son mariage; ilsoutint toujours qu’il n’avoit point été séduit ni violenté par les Princes deLorraine; que son mariage étoit de son propre choix; qu’il se fesoit unpoint de conscience de demeurer attaché à sa femme, à qui il envoyoiccinq mille écus par mois ; & il fesoit paroitre à cet égard autant de ré-solution & de fermeté, qu’il avoit de foiblesse& d’inconílance en toute’autre chose (c).
En Allemagne les Impériaux se rendirent maîtres de Maience, mais le Lagmm-Cardinal de la Valette & le Duc de Weymar les obligèrent de lever le siégé en Mnna*de Cclmar (<î). Le Roi aiant envoyé le Prince de Condé faire Je siégé 8 ne & eìíde Dole, en Franche - Comté, les Impériaux firent une irruption en Lotir- timeT’rgogne, où ils auroient certainement pu faire quelque chose d’important, si grand foc.le désir de piller ne les avoit portés à fe répandre de tous côtés, au lieu àde se rendre maîtres de quelque Place forte. Le Roi & son Ministre su- ^36..rent si allarmés de cette invasion, qu’on jugea à-propos de faire un nou-veau Traité avec la jeune Reine de Suede (e) & un autre avec le Land-grave de HeíTe (/), par l’un & par l’autre on s’engageoit à leur payer dessubsides, pour l’entretien des Troupes qu’ils feroient agir contre l’ennemïcommun. Les Espagnols attaquèrent aussi le Royaume de leur côté, ilsprirent & brûlèrent Saint-Jean de Luz, & auroient pris Baionne , si leDuc de la Valette, profitant de leur lenteur, n’avoit fortifié cette ville.
La Flotte, qu’on envoya pour chasser des Iíles de la côte de Provence lesEspagnols qui s’en étoient emparés i’année précédente, échoua dans sonentreprise. Elle étoit commandée par l'Archevêque de Bourdeaux ; le Ma-réchal de Vitri Gouverneur de Provence en fut si piqué, qu’il l’empêchad’agir jusqu’à l’arrivée des Galères d’Espagne, ce qui fit manquer cette ex-pédition (g). En Italie les affaires n’allerent gueres mieux que TannéePrécédente. Le Duc de Savoye battit à la vérité les Espagnols dans. lernois de Juin, mais il ne voulut pas profiter de fa victoire, pareequ’i) s’é-soit engagé par le Traité à céder des Terres aux environs de Pignerol, à
0 ) Hist. de Richelieu uli sup. p. 180, (c) Recueil de Pieces concernant l’Hist;
de Louis XIII. T. III. p. 355.
(bj Mercure François de 1635. (/) Là nié me p. 35p.
(/) R' sL de Richelieu 1 . c. p. 105, ; 96. (g) Le Fa sor Hist. dc Louis XIII. T.
vO llenauli & al. - Vlil. p. 312, 313.