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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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33 ó HISTOIRE DE FRANCE. Li V . XXffl.

Section proportion des conquêtes qu’il feroit dans le Milanés, deforte que pourxn. éviter l’un, il n’entreprit point l’autre. Le brave Maréchal de Thoiras,Suiti du q U i étoit avec ce Prince, fut tué au siégé d’une petite ville, en donnantLouisXilI. des ordres pour une batterie. Le Duc de Parme eut le malheur de fe voirjusqu* à sa ’ dépouillé de la plus grande partie de ses Etats par les Espagnols ; mais lemort. Duc de Rohan étant toujours victorieux dans la Valteline les empêcha d’a-gir de ce côté - là avec autant de vigueur & davantage,. qu’ils auroientfait fans cela.

Le s Espa - _ Le Cardinal - Infant s’étant apperçu que par le grand nombre de pro-gnou en- jets qu'on formoit de part & d’autre, la frontière de Picardie étoit dégar-Vsrdiî! ^ à, résolut d’entrer en France de ce côté-là avec tout ce qu’il pourroicraífembler de Troupes. II donna le commandement de f Armée au PrinceThomas de Savoye, auquel se joignirent Picolomini & Jean de Wert, Gé-néral hardi ,qui commandoit un corps de Troupes irrégulieres,qui fesoienttrembler par tout où elles se jettoient. Cette Armée investit la Cappelleau commencement de Juillet, & la Place se rendit au bout de six jours, leBaron du Bec qui y commandoit n’aiant pas cru pouvoir la défendre pluslongtems. Le Catelet fut pris au bout de deux jours, M. de Saint Legers’étant rendu avant que l’ennemi eût fait breche. Le Cardinal, pour cou-vrir la faute qu’il avoit faite, en négligeant de mettre les Places en état dedéfense, fit condamner le Baron du Bec & M. de Saint-Leger commeTraîtres, qui avoient été d’intelligence avec les Espagnols. 11 maltraitamême de paroles le Duc delaValette, pour avoir pris le parti du Baron duBec, & fit disgracier le Duc de Saint Simon (a ), Favori du Roi, auquelil avoit de grandes obligations, parceque le Duc soutenoit M. de SaineLeger qui étoit son oncle. Cette rigueur fut inutile. Les Espagnols pas-sèrent la Somme, malgré une petite Armée que commandoit le Comte deSolfions, & d’abord investirent Corbie, que M. de Soyecourt Lieutenant-Général de la Province rendit au bout de huit jours, quoiqu’il eût dixhuit-cens hommes de garnison, & que Corbie passât pour une Place forte (b).Les Parisiens volant que Jean de Wert n’étoit plus qu’à deux journéesd’eux, furent fort consternés. Le Roi étoit si chagrin, qu’il parloit à pei-ne au Cardinal ; ce Ministre s’enferma dans son Palais, ne sachant quelparti prendre. Bullion son ancien ami, qui par sa faveur étoit Surinten-dant des Finances, lui conseilla de se montrer en public sans Gardes, carmoi, lui dit-il, qui fuis dix fois plus haï que vous , je traverse tout Parissuivi seulement de deux Laquais. Richelieu suivit ce conseil, & lesParisiens charmés de cette marque de confiance le comblèrent de béné-dictions, après savoir accablé a injures la veille (c). Cela ne fit pointchanger le Roi, & la froideur de ce Prince découragea tellement leCardinal, qu’il dit au P. Joseph, qu’il avoit dessein de quitter le Ministère,.afin de se mettre en sûreté. Le rusé Capucin lui représenta que ceifétoit pas le moyen de se mettre à couvert, & qu’un Ministre qui avoit

(a) Griffet sous l’an I6z6.

(h) Hiù. de Richelieu T. If p. 27 z.

CO Lc Vasfor T. VIII. p. 398, 399.