34 o HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section soit mieux que personne combien son Maître valoit, parcequ’il l’avoîcXII. vendu assez souvent («). Les mauvaises humeurs du Duc d’Orléans étoiencSuite du chagrinantes, mais celles du Roi étoient terribles; le Cardinal ne fut pasrégné de ] on gtems sans en faire l’épreuve. Louis parut d'abord rêveur, ensuitej-ufiu'í sa ' mélancolique, & enfin sombre. Le P. Cauffin son Confesseur en étoitmrt. la cause. II lui avoit rempli l’esprit de scrupules & enfin il réduisit à
--- quatre points ce qu’il y avoit à la charge du Cardinal. L’exil de la
Reine-Mere où on la laissoit dans une si grande indigence, qu’elle man»quoit des choses les plus nécessaires à la vie. Le trop grand pouvoirdu Cardinal, qui usurpoit toute l’autorité Royale, & qui n’en laissoit auRoi que le nom. L’oppression des peuples, réduits à la derniere misere,par les impositions exorbitantes. Enfin que le sang des sujets fer volt afournir des subsides aux Hérétiques, tels que les Suédois , les Protestansd’Allemagne & lesHollandois. Le Roi lui demanda, s’il pouvoit lui nom-mer quelqu’un qui eût autant de capacité que le Cardinal, mais c’étoit áquoi le Confesseur n’avoit pas seulement pensé, étant guidé plus par la bi»gotterie que par l’ambition. Le Roi lui demanda ensuite s’il soutiendrait,bien en face du Cardinal tout ce qu’il avoit avancé? 11 s’v engagea à unjour marqué (-). En attendant, il se crut en quelque façon chargé detrouver un autre Premier Ministre, & fit confidence de ce qui s’étoit pas»sé aïs Duc d’Angouleme, qui lui promit de le soutenir. Mais Je Duc con-noissant l’humeur vindicative du Cardinal, & n’aiant pas grande opinionde l’esprit du Jésuite, alla trouver Richelieu, & í’informa de ce qu’il ve-noit d’apprendre. Sur cet avis, le Cardinal ménagea si bien tout auprèsdu Roi * que le jour assigné il étoit plus en faveur que jamais. Quand leP. Caussin vint, il apprit que depuis longtems le Roi étoit enfermé dansson cabinet avec le Cardinal. Après avoir attendu, il eut ordre de s’enretourner à Paris, & le même soir fut arrêté & conduit à Químperco-rentin en Bretagne (c). II avoit été engagé dans cette périlleuse affairepar le P. Monod Confesseur de la Duchesse Régente de Savoye, sœur duRoi ; & Monod fut aussi l’année suivante la victime de la vengeance duCardinal, qui fit déclarer nettement à la Duchesse, que le Roi ne pouvoitavoir de confiance en elle, tant que le P. Monod serait auprès de fa per-sonne, desorte qu’il fut arrêté & envoyé prisonnier à Montmelian (d).Richelieu fit aussi sentir tout le poids de son crédit à la Reine, au sujet deses correspondances avec la Duchesse de Chevreuse, qui étoit alors autanthaïe du Roi & du Cardinal, qu’elle en avoit été aimée. Le Marquisat dela Force fut érigé en Duché Pairie en faveur du Maréchal de ce nom. C’estencore cette année que le Cardinal institua l’Académie Françoise, qui de-voir être composée de quarante Membres, dont l’occupation ferait de po-lir & de perfectionner la Langue Françoise. On prétend que par là lsCardinal voulut se déclarer le Protecteur des Lettres, afin de s’attachesplus particulièrement les Savans & ceux qui auraient des talens (s).
(a) Mera. de Montr»for.
(K) Vittorio Siri T. VIII. p 573.
(e) Hist. de Richelieu ubisup. p. 31 <5,317.
(d) Les mêmes.
(e) Daniel Journ. Hist, de Louis XlB'Henault .