HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 34r
Au commencement de Tannée 1638 Je Roi mit sa personne & son R 0 . Sjîctiohyaume sous ia protection de Ja Vierge (a). Le Duc de Weymar s’étant xii/rendu en Suisse, eut plusieurs conférences avec Je Duc de Rohan ; il fut si s ^t e ducharmé de fa conversation qu’il l’engagea à venir dans son Armée. Wey- Louhxmmar assiégea Rhinfeld , Place forte, qu on regarde comme la principal e jusqu’à j a 'des villes Forestières. Le 28 de Fevrier Jean de Wert vint attaquer le mort.
Général Suédois, le battit, lui prit quelques pieces de Canon & Tobligea _-7
de lever le siégé. Le Duc de Wey mar, qui étoit bien informé revint le n ^ifèma-3 de Mars, défit entierement les Impériaux, leur prit douze pieces de Ca- « £?non <k fit leur quatre Généraux prisonniers. Pour faire fa Cour au Roi, Italie.il envoya Jean de Wert fous bonne escorte à Paris. Le Duc de Rohan Mort díSfut dangereusement blessé au premier combat de Rhinfeld, & mourut le ■?“"
13 d’Avril dans un Château du Canton de Berne, où il s’étoit fait tram- d™ Rohmporter (b). II fut enterré à Geneve & les Vénitiens reçurent avec recon- fi? à Ma-noissance le don qu’il ìéur fit en mourant des armes qu’il avoit coutume dede porter (c). La Cour de France ne le regretta.gueres, quoiqu'il fût Cre i ui -un des plus grands hommes de son siécle. Le Duc de Wey mar prit l633 ‘ensuite Rhinfeld , Fribourg , & enfin Brisach , après un long siégé &après avoir battu deux fois les Impériaux (d). En Italie les affaires al-lèrent assez mal. La Duchesse de Savoye ne vouloir faire avec la Francequ une ligue défensive, mais le Cardinal, en la menaçant que le Roi l’a-bandonneroit, Tobligea de conclure une ligue offensive & défensive (e).
Les Espagnols aiant investi le Fort de Bremo, le Maréchal de Crequi mar-cha au secours de la Place. Lorsqu’il fut à la vue du camp des ennemis,il prit une lunette d’approche pour examiner leurs retranchemens, s’ap-puyant contre un arbre. Un canonnier pointa contre lui un Canon, si juste,que le boulet emporta le bras gauche du Maréchal, lui perça le ventre &entra dans Tarbre contre lequel il étoit appuyé. C’est ainsi que périt cegrand hommme le 27 de Mars. (f). On envoya le Cardinal de la Valettepour commander en fa place; mais il ne put empêcher la prise de Ver»ceil, après laquelle il se tint sur la défensive. Le 4 d’Octobre mourut lejeune Duc de Savoye (g) , auquel succéda Charles-Emanuel son frere. LeCardinal de Savoye & le Prince Thomas disputèrent la Régence à la Du-chesse , mais elle Temporta par Tappui du Roi son frere.
On résolut d’agir ossensivemeut du côté d’Espagne. Le Comte-Duc avoit Le Princefait entrer les Espagnols deux fois en France; pour s’en venger le Cardinal deContí estrésolut ‘de faire Je siégé de Fontarabie, contre le sentiment du Duc de Ja Bhìi % é deValette, qui s’excusa de commander T Armée qui devoir le faire (F). Le leve s l í^'Cardinal, pour mortifier le Duc d’Epernon & sa famille, fit nommerPrince de Condé Lieutenant-Général du.Roi en Guienne Ôc dans ksProvinces adjacentes ; le Duc d’Epernon eut ordre de ne point forcir de
(a) Renault, (e) Griffst Hiíl. de Louis XIII. fousl’an
(&) Le même, Le Vajjor Rist- de Louis 1638.
XIII r. JX. p. 501. (/) Le même, Ihnmlt.
(c) Les mêmes. Çg) Le Vi[for\ c, p. 546. Grìffet 1 . c.
{d) Abrégé Cijronol, de i’Hifb de Fran- (h) Le Vajjor 1 , c. p. 628.
Ce, T. Xil p. 96 iidit, de 1756.