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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 543

Les querelles à la Cour ne furent pas moins vives cette année, quelles sectioî?Favoient été, & le crédit & l’autorité du Ministre parurent avec plus d’é~ xii.clat que jamais. La Reine-Mere, après avoir été quelque tems en Holtan- l s te a <*»de, passa en Angleterre ; elle engagea Bellievre Ambassadeur de France, LouisXiii,par le détail de ses malheurs, à écrire au Cardinal. . Elle le pria de faire jusqu’ à sa’savoir à ce Ministre , que comme les choses a voient changé de face ; mort.elle régloit ses désirs fur son état présent,- qu’elle ne cherchoit nullement " "à se mêler des affaires du Gouvernement, ni même à être à la Cour; (iLaiestqu’elle se soumettrait à tout ce qu’il voudroit, & ne demandoit que la per- inexorable'mission d’être dans quelque ville de France, & d’y avoir du pain & du re- pur k Rei-pos. L’Ambassadeur manda ce qu’elle lui avoit dit, mais fans effet (a). ne -Mere,LaReine-Mere avoit une fois déclaré en présence du Roi, qu’elle ne íèreconcilieroit jamais avec le Cardinal, & ce Ministre, soit par crainte, soit Aà re.par ressentiment, fut toujours son implacable ennemi. II mortifia aussi ex- gnante.trémement la Reine régnante. Aiant découvert qu’elle entretenoit corres-pondance avec le Cardinal Infant son frere, il la fit interroger par le Chan-celier (b ), quoiqu’elle fut grosse. La Reine soutint son rang, si indigne-ment avili, elle dit que la Nature l’obligeoit d’aimer son frere & sir Patrie,qu’elle n’avoit jamais écrit rien de contraire à ce qu’elle devoit au Roi, ouà la France; & qu’elle n’avoit eu d’autre but que de procurer la paix. Le5 de Septembre elle accoucha à 8. Germain en Laye de Louis son fils aîné(c), surnommé depuis le Grand, après vingt-trois ans de mariage ; événe-ment qui remplit tout le Royaume dune joie inexprimable.

Le Cardinal ne se contenta pas de faire voir qu’il avoit plus de pouvoir Aiguillonfur Fesprit de son Maître que la Mere & la Femme de ce Prince, il fit ôrìgé f 11plus, il lui ôta Mademoiselle de la Fayette sa Maîtresse, en gagnant un de Q uc . ], . e ~ses valets de chambre, & en supposant des billets; ce qui fut cause qu’elle ame *se retira dans un Couvent. Ce fut-là que le Roi fut instruit par elle-mêmede l’intrigue (d) ; le valet de chambre fut disgracié, mais fans que le cré-dit du Cardinal en souffrit le moins du monde, ainsi qu’il paroi t parle traitsuivant. II fit ériger Aiguillon en Duché-Pairie (e) en faveur de Made-laine de Vignerot, plus connue fous le nom de Madame de Combalet, aveccette clause singulière, pour en jouir par la dite Dame, ses héritiers & suc-cesseurs j tant mâles que femelles, tels qu’elle voudra choisir. En vertu decette clause, elle appella par son Testament de 1674, au Duché d’Aiguil-Ion Marie-Therese sa niece, à laquelle elle substitua son petit- neveu LouisMarquis de Richelieu, dont le fils, le Comte d’Agenois, a été déclaréDuc d’Aiguillon par Arrêt du Parlement de 1731, contradictoire avec tousles Pairs de France (/).

Le Duc Bernard de Saxe-Weymar, qui avoit jusques ici rendu de si grands Mort duservices à la France, commença à donner de l’embarras au Cardinal. II Duc de

étoit Prince de naissance & Soldat de profession ; il avoit appris le me- We w ar ‘

1639-

(a) Le Vajjor ubi sup p. 37-39. 347.

(b) Hist. de Richelieu I. c. p. 34$. (e) Etat de France T, II. p. 303.

(c) Voyez tous les Historiens de France. (f) fíemult p. 630. Edit. de 1761.

(d) Hist. de Richelieu ubi^sup. p. 346,