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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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346 HISTOIRE DE FRANCE, Liv. XXIII.

Section les Espagnols fussent informés de fa marche. II fit ensuite dresser un pont,xu. défendu par un double rang de mousquetaires, fur lequel il fit passer le resteïe^ne de de son Armée, fans que les Espagnols pussent l’empêcher. Cette action futlomsXui. regardée comme une des plus belles de toute la guerre (d),jw.qu'a la Par le conseil de Richelieu , le Roi résolut d’agir ofFeníìvement contremort. l'Espagne; il envoya le Prince de Condé avec une Armée pour assiéger Sal-

Guirre ces ’ . tanc * ls c l ue l'Archevêque de Bourdeaux avec la Flotte, allarmoic & in-RiniJJUlm fultoit les côtes (b). Les raisons que Richelieu donna de cette entrepriseb dan ( étoient, que quelque peu de succès que les irruptions des Espagnols en Fran-

i'ays-Bas. ce eussent eues, ils ne laissoient pas de croire que leur Maître étoit invin-cible & redoutable à ses voisins ; mais que s’íls étoient une fois attaqués chezeux, ils changeroient bientôt de sentiment, & qu’accablés d’impôts com*me ils l’étoient & mécontens du gouvernement dur & haut d'Olivarez,quelques-unes des Provinces ne manqueroient pas de se soulever, quandelles verroient que les Etrangers étoient disposes & en état de les soutenir. IIest vrai que la campagne de cette année ne procura pas grand avantage, si-non que Salces fut pris, après un siégé de cinq semaines; mai£ à la fin lesconjectures du Cardinal se vérifièrent de façon, que, selon la remarqued’un célébré Historien Italien (c), au lieu que par tout ailleurs les conleilshumains suivent les événemens, il sembloit que ç’étoient les conseils de Ri-chelieu qui régloient les événemens. Nonobstant tout cela, les affairesn’ailerent pas par tout auísi bien. Au commencement de Juin le Marquisde Feuquieres avoit investi Thionville, Place forte, mais qu’il auroit in-failliblement prise, parcequ’elle manquoit de vivres & de munitions, & quela garnison étoit foible. D’ailleurs il avoit li bien pris ses mesures, que leGouverneur, qui s’étoit absenté pour des affaires indispensables, ne put yrentrer. Mais le Général Picolomini marcha avec tant diligence & fi se-crètement, qu’il attaqua à l’improviste les retranchemens de Feuquieres,les força & fit six mille prisonniers, parmi lesquels se trouva le Générallui-méme, il mourut à Thionville de ses blessures Óc de chagrin. PicolominiaíTiegea alors Mcafton, où M. de Refuge soutint avec unt garnison peunombreuse un afflue général qui sauva la place ; car le M. de Chatillon ,ayant rassemblé les débris de l’Armée de Feuquieres, vint à son secours (d).Mais le plus grand effort fut contre Hedin, que le Marquis de la Meiile-raye , cousin-germain du Cardinal assiégea & prit, au bout de trente-huitJours de tranchée ouverte. II recut le Roi au haut de la breche , & lePrince, qui s’appuyoit fur l’épaule de Puysegur, prit une canne que Puyse-gur avoit à la main & dit au Marquis; „ La Meilleraye, je vous fais Ma-„ . réehal de France. Voilà le bâton que je vous en donne (§)". II étoitdéja Grand- Maître de l’Artillerie ; pour lui donner cette charge, on avoitfait le vieux Duc de Sulli, âgé de près de quatre-vingts ans Maréchalde France. Le premier d’Août, le Maréchal de Chatillon prit Ivoi enquatre jours, & fit raser cette Place, Le 5 du même mois, le nouveau

(a) Hiít’. Jï Richelieu ûbîsu 1 ), p. 289 ,Griít-C ! 'ous Vm 639(L) yutorie Siri i. c. p, 779.

(c) Nanl ubl fit’!.

G) Lt Fajjor 1 ’, IX. P. II. p. 241 & al.(«; Man. de Puysegur, p. 174.