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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 347

Maréchal battit les Espagnols proche de la Riviere d’Aa, leur tua deux Sectionmille hommes, en fit trois-cens prisonniers & prit quatre pieces de Canon (a). ^

Quand aux affaires domestiques de cette année, elles fournirent des r ^ g ‘ t■preuves plus fortes encore, s’íl étoit possible, du pouvoir absolu de Ri Louisxnr.chelieu, que celles qu’on a vues jusques ici. II jugea qu’il falloit répon- jusqu’à j adre aux sollicitations de la Reine-M- te , mais il trouva à-propos que ce mo1t 'fût au nom du Roi. La Lettre fut écrite en termes très-forts, on y fit en-trer tout ce qui pouvoit justifier ou pallier les mauvais traitemens qu’on 7^ me eíavoit faits à cette Princesse, & enfin on y disoit, que le Roi ne pouvant pmoir duse persuader qu’elle eut changé de disposition, tout ce qu’il pouvoit lui con- Cardinalseiller étoit d’aller à Florence, où il lui fourniroit dequoi vivre selon sa fur ïejprttqualité. Cette Lettre écrite par Chavigni fut portée au Roi, qui la signa áu Ríl ’(è). La Reine d'Angleterre écrivit d’une façon touchante en faveur de saMere, & fit passer en France un homme de distinction pour appuyer sessollicitations, offrant d’ètre caution de la conduite de Ja Reine-Mere,st onvouloit lui permettre de retourner en France, mais tout cela ne fit aucuneffet (c). Madame de Seneçai , premiere Dame d’honneur de la Reine-regnante, dont elle avoit.la confiance, n’avoit pas par cette raison recher-ché Ja faveur du Cardinal; ce Ministre jugea à propos de la faire congédiersans autre raison, sinon que le Roi le trouvoit bon. La Reine tâcha de leconserver cette Dame en s'adressant au Cardinal , qui lui répondit, quepuisqu’elle lui fesoit l'honneur de le consulter, il ne pouvoit lui donner demeilleur conseil, que d’obéir au Roi (d). Après la retraite de Mademoi-selle de la Fayette, le Roi avoit témoigné beaucoup Rattachement pour Ma-demoiselle de Hautefort; d’abord cela plut fort à la Reine & au Cardinal;à la premiere pareeque le Roi venoit plus souvent dans fa chambre, & ausecond, parcequ’il savoit que cette Demoiselle étoit d’un caractère doux,

& qu’elle ne s’embarrassoit pas d’affaires d’Etat. S’étant à la fin apperçuqu’elle étoit intime amie de Mademoiselle de Chemeraut, qui avoit beau-coup d’esprit, il en prit ombrage, & résolut de donner au Roi un Favori,qui diminuât ses assiduités auprès de fa Maîtresse; car Louis ne ressembloitpoint du tout à son pere; il n’y avoit rien de criminel dans ses amours, &à peine de la galanterie; & comme il n’y cherchoit d’autre plaisir que celuide la conversation, il étoit assez indifférent sur l’article. Le Cardinal jettales yeux fur Henri d’Effiat, Seigneur de Cinq Mars, second fils du Maré-chal d’Effiat, qui devoit fa fortune à Richelieu. Ce jeune homme étoitbienfait,avoit l’esprit vif, & étoit fort adroit en toutes sortes d'exercices,mais son caractère étoit haut & peu flexible ; il eut soin de le cacher auCardinal. 11 étoit Maître de la Garderobe , & en voulant le faire Favoride Louis, Richelieu choquoit l’inclination de ce Prince, qui avoit donnédes marques visibles d’aversion pour Cinq-Mars; mais par les instructionsde son Patron le jeune-homme vint à bout de s’insinuer dans les bonnesgrâces du Roi. Ce fut au siégé de Hedin, que ce Prince commença à lui

(d) Mem. d’Auberi T. II. p. 338. (^) Onero Hist. de Correnti teropi, T. H*

(b) Hist. de Richelieu ubi Jup p. 353. I. II. p. 555. Hist. de Richelieu 1 , c. p-

(c) Vitiorio Siri T. VIII. p. 640. 408 , 4VA,

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