354 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Sectton ils s’apperçurent bientôt que l'exécution de leur projet étoit impossible. SiXii. on les avoit traités avec quelque modération , il y a de l’apparence qu’ilsSuite du f e seroient rangés de nouveau fous l’obéissance du Roi d’Espagne. Maisles Espagnols aiant fait marquer avec un fer chaud tous ceux qu’ils pre-iusqu'à sa’ noient, comme des esclaves, cela les mit au désespoir, ils fortifièrent La»mort. celone, & par un Traité fe soumirent à la France en stipulant la conserva-
-- t j or i de leurs privilèges (a). Ce fut alors qu’on envoya le Comte de la
Mothe- Houdancourt à leur secours, avec cinq mille hommes; ce fut luiVArchevS « leur conseilla de fortifier le Montjoui, qui couvre Barcelone. Vers laquedeBour. fin de Mars les François eurent le bonheur de prendre cinq vaisseaux dedeaux. guerre & deux galères dans la Baye de Roses. Dans le mois de Mai leComte de la Mothe s’étant emparé de Constantin & de plusieurs petitesPlaces, forma le blocus de Tarragone, où il enferma le Prince de Bottero,avec la meilleure partie des Troupes que les Espagnols avoient en Catalo-gne ; ils sc défendirent avec un grand courage (b). Le Duc de Ferrandi-ne, qui commandoit les galères d’Espagne, entreprit de secourir la Place,quoique M. de Sourdis Archevêque de Bourdeaux fût devant la ville avecla Flotte de France. II fit une tentative le 4 de Juillet avec quarante-unegalères, dont il en perdit douze, fans autre fruit que d’avoir montré au-tant de courage & de conduite qu’il étoit possible. II ne se décourageapoint, & sa Flotte aiant été considérablement renforcée, il surprit le 20d’Août l’ArchevêqueJuifit perdre trois vaisseaux & jetta un grand secoursdans Tarragone, enforte que le Comte de la Mothe décampa, après avoirété plus de trois mois devant la Place. L’Archevêque de Bourdeaux fe vitdisgracié à son retour, fans avoir été entendu. Tous les Officiers de laFlotte fe soulevèrent contre lui, les ennemis du Cardinal crièrent & fesamis crièrent plus haut encore, enforte que Richelieu fut obligé d’abandon-ner l’Archevêque, qui eut ordre de fe retirer à Carpentras (c). Le Trai-té avec les Catalans fut ratifié au mois de Septembre, le Roi jura l’obfer-vation de leurs privilèges, & le Marquis de Brezé fut nommé Viceroi deCatalogne. Le Cardinal s’appercevant qu’il étoit impossible de soutenir ef-ficacement ces peuples fans être maître du Roussillon, donna ordre auPrince de Condé de l’attaquer ; il fe rendit maître d’Elne, & le Vicomted’Arpajou alla bloquer Perpignan , Place, forte par elle-même & bien for-tifiée, qu’on avoit dessein d’assieger l’année suivante {d).
Nouveau Avant que de parler de la campagne en Flandres, nous devons dire unTraité awcmot d'uu nouveau Traité avec le Duc de Lorraine. Entre autres écarts dele Duc de ce malheureux Prince, il avoit épousé la Comtesse de Cantecroix , bienfs’^allìance c l ue f a premiere femme fût vivante, & qu’il ne possédât la Lorraine queavec le For-lu chef de cette Princesse. Comme fes affaires étoient désespérées, qu’iltiígal. fe trouvoic fans argent, fans Etats, & avec des Troupes affamées, qui luifessaient des ennemis par tout où il alloit ; fa nouvelle épouse lui persuadade traiter avec la France. II vint sur un simple passeport à Paris, & y fut
(a) Vìttorio Siri Ivlercur. T. I.L. I.Hist, (f) La même, p. 493,491. Griffet CoKS
4 e Richelieu I. c. p. 482. pan 1641. M
(b) La même. (á; Vimrio S.ri ubi sup. L. II.