HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXÏÏÏ. 35rstiieuS reçu qu’il n’avoit lieu de s’y attendre. Le Cardinal s’étoic apperçu, que la Sectíonsaisie de la Lorraine avoir donné de fâcheuses impressions contre la France à xii.tous les Princes, desorte qu’il fut bien aise d’avoir une occasion de rendre auDuc ses Etats. II le fit par un Traité signé le 29 de Mars (a ), anx conditions Louisxíir.suivantes ; que Nanci resteroit en dépôt entre les mains du Roi ; que jiçsqu’à sa 'Clermont, Stenai, Jamets&Dun, avec toutes leurs dépendances demeu-
reroient réunies à la Couronne ; que les fortifications de Marsal seroient-
rayées, Sc qn’íl donnerait à la Duchesse Nicole six-vingt mille livres depension. Le 2 d’Avril, il jura ce Traité, Sc fit hommage pour le Duchéde Bar le 10, (b), après quoi il s’en retourna dans ses Etats. La Comtes-se de Cantecroíx, dont le Cardinal s’étoit servi pour engager le Duc à trai-ter, fut fort mécontente qu’on eût négligé ses intérêts (c); mais il n’étoicpas en la puissance de Richelieu de favoriser son mariage, sachant bienqu’il ne pouvoit en parler ni au Roi, ni à la Cour de Rome. Le premierde Juin, le Roi conclut une alliance offensive & défensive avec Jean IV.
Roi de Portugal (ii); St par le moyen de la Cour de France, les Etats Gé-néraux , invités à accéder au Traité, conclurent une trêve de dix ans avecle Portugal, qui fut signée le 10 de Juin (<?), & par laquelle ils s’engage-rent à agir conjointement avec les Portugais dans la Mediterranée contreles Espagnols.
Nous avons parlé de la retraite du Comte de Boisions à Sedan, où il Guerre devivoit fous la protection du Duc de Bouillon ; l'Archevêque de Iiheiinsdevenu Duc de Guise par la mort de son pere & du Prince de Joinviile SoìifòwSson frere s’y étoit aussi retiré, & tous deux y attiroient tous les mecomtm souniffienqui n’avoient pas fui hors du Royaume (/). Les ennemis du Cardinal de ^ Duc deRichelieu assurent, qu’il força ces Princes à demander du secours à l’E bouillon,fpagne,afin d’avoir un prétexte de les perdre; ce qu’il y a de plus sûr,c’ess qu’ils traitèrent avec les Espagnols pour perdre ce Ministre. Ce futsuivant les apparences dans cette vue qu’ils dressèrent un Manifeste viru-lent (g) au nom du Comte de Boissons, qui y dépeignoit l’administrationde Richelieu des plus noires couleurs; ce Manifeste auroit peut-être pro- v
duit quelque effet, s’il avoit paru à tems. Le Cardinal, qui étoit par-faitement informé de leurs desseins, ordonna au Maréchal de Chatillond’alier avec dix ou douze mille hommes bloquer Sedan, ce qu’il fitavec succès (/»). D’autre part, le Général Lamboi , par ordre du Car-dinal Infant, marcha au secours des Princes de Paix, c'est le titre queprenoient les Chefs des Méeontens. Le Maréchal de Chatillon sè postade façon, qu’il auroit été difficile de l’attaquer, mais le Cardinal lui en-voya ordre de donner bataille à tout prix ; il fut ponctuellement obéi. Ce-la occasionna la bataille de Mur fée, le <5 de Juillet; le Maréchal fut battu
(a) Mem. de Jîeauvau p. 60, 6 1, 72,73 - ViUorio Siri Mercur T. I. L. II. p.289 , 291. Kecui.il de Pieces concernantl’Hiít de l ouis Xlii. I'. II!. p 397. '
(b) Henault p. m. 643 Le Vaiïor T. X.L I. P 4 ; • & tuiv.
(?) HUt. de Richelieu T. II. p. 463.
(d) Recueil de Pieces &c. ubi sup. p.4lî.
e) HiP. de Richelieu, Le Vasfor.
(/ Mem de Montreíbr.
Kg ) Le-s mêmes p 3'9(h) Áubcri íiitì. de Richelieu T. II. P-735 -Yy 2