370 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section trop circonspect ; fils & pers de deux de nos plus grands Rois, il affermieXIIL le trône, encore ébranlé, de Henri IV, & prépara les merveilles du re-
SA.S-ede’LouisXIV.
jusqu’à fí*
Paix des -- . . ■ — —l-
Pyrénées.
- SECTION XIII.
Histoire du régné de Louis XIV. dit le Grand, depuis son avènementà la Couronne, jusqu à la Paix des Pyrénées, b à son mariage , avecXInfante Marie Therese d’Autriche.
La Reine T ouïs XIV. n’avoit pas cinq ans, quand son pere mourut. Le premierdéclarée Ré- *—* acte de la Régence fit voir, combien les Rois se trompent, ;en s’ima*^efríiioL que les vivans se gouverneront par la volonté des morts. Louis
reJi * avo it sagement fait la Déclaration pour la Régence, il avoit obligéla Reine & le Duc d’Orléans de faire ferment da s’y conformer , en pré-sence de toute la Cour, & l’avoit fait enregistrer au Parlement. En at-tendant la Reine prenoit des mesures pour la rendre inutile, & elle étoicassurée avant la mort du Roi, de réussir. Le 18 de Mai, elle alla auParlement & là fit un petit discours, elle dit que fa douleur étoicinexprimable, qu’elie n’avoit rien qui l’adoucit jûsqu’à ce que les Députésde la Cour fussent venus rendre leurs respects à son fils; qu’affligée, con-cernée & ne sachant où se tourner, elle venoit chercher à se rassurerpar les avis du Parlement, & pour regler fa conduite fur ses conseils (a).Ce fut là le compliment de la Reine, dont le Chancelier expliqua les inten-tions. Le Parlement déja tout préparé à s’y conformer, & charmé d’avoiroccasion de faire valoir son autorité, lui déféra sans restriction la Régence& la Tutelle, & cela du consentement du Duc d’Orléans & du Prince deCondé (b). En un mot fans casser directement la Déclaration du Roi, onne laissa pas de l’annuller. La haute faveur à laquelle le Cardinal Mazarinparvint peu après, & où il se maintint pendant toute sa vie, a fait croire,qu’il fut sauteur de toute cette affaire ; mais tant s’en faut qu’il fut le seulqui témoigna de la répugnance pour la démarche de la Reine ; il ne se fit pasmême une peine de s’en expliquer, & disposa tout pour s’en retourner enItalie (c). On a cru encore que c’étoit un trait de Politique, mais le Car-dinal pensoit sérieusement à la retraite.
Le Cardi. La Reine n’avoit pas néanmoins dessein de le perdre, & elle ne savoirnal Maza- comment le retenir. Elle communiqua son embarras au Comte de Brienne,fimeedeìa ss" conseilla d’offrir à Mazarin ce qu’il perdoit; elle le fit, & le Cardi-Reim. r>al accepta d’abord la proposition, & gagna bientôt la confiance de la Rei-ne à l’exclusion de ceux qui l’avoient élevé ( d ). Le vieux Evêque ds
(a) Juberi Hist. du Card. Mazarin T. I. (c) Mem. de Brienne T. II. p. 17S,p. 145. lidit de '*730. ( d) Les mêmes, p. iBo.
\b) Msm. de Motteville 1. c. p. 133.