HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 5 <y 9
raine, à condition qu’il seroit célébré de nouveau en France, ce qui fut Secttohexécuté après la mort du Roi (a). Pour mettre dans ses intérêts le Prince xij.de Condé, le Cardinal fit donner le commandement del’Armée au Duc d'An <*«
guien, qui devoit avoir fous lui le Maréchal de l’Hopital. Le Roi ne lais- Louisxínfa personne en disgrâce que Châteauneuf & la DucheíTe de Chevreufe; le jusqu’à s& 'premier étoit toujours prisonnier à Angoulême & f autre étoit en Angle- mort.terre; il ordonna de ne rappelles ni l’un ni l’autre à la Cour. Le Cardinal ‘
de Richelieu l’avoit imbu de l’ingratitude de Châteauneuf, qui aiantreçu lesSceaux lorsqu’il ne s’y attendoit point, cent mille écus de gratification dansf espace d’un an, K le Gouvernement de Touraine, n’avoit pas laissé d’en-trer dans des intrigues. La Duchesse de Chevreufe avoit beaucoup de pouvoirfur la Reine , & avoit été la principale cause des brouilleries entre eux ;c’étoit une femme galante & intrigante, & l’Histoire de ce tems prouvequ’elle eut beaucoup de part aux affaires qui donnerent infiniment du cha-grin au Roi ( b ). A cet égard on ne suivit pas les sages dispositions du Roi.
Après avoir fait tous ces arrangemens, Louis ne pensa plus qu’à mou- Matt d ,rir, & fit paroitre une tranquillité & un courage surprenant. Aiant ap- LouìsxÍÍlperçu le Duc de Beaufort & d’autres, dont il ne croioit pas être aimé,dans le tems qu’on fit la lecture de la Déclaration pour la Régence, il dità quelqu’un qui étoit auprès de lui; ils viennent voir fi je partirai bientôt.
Un jour les fenêtres de fa Chambre étant ouvertes, il montra les clochersde Saint - Denis, voilà , dit-il, un lieu où je demeurerai longterns , mon corpsfera bien secoué , car les chemins font mauvais (c). C’étoit une fievre lentequi le consumoit, & qui ne lui laissa que la peau & les os. Un jour, ilappella M. de Pontis, & lui montra fes bras tout décharnés, tien Pontis ,lui dit - il, voilà cette main , regarde ce bras , voilà quels font les bras du Rotde France (d). Environ deux heures avant fa mort, appercevant SeguinMédecin de la Reine à côté de son lit, il lui fit signe d’appfocher & luidonnant le bras, Tâtez - moi le pouls , dit- il, V dites - moi je vous prie jusqu'àquelle heure vous croyez que je puis aller , mais tâtez - le bien , car je ferai bienaise de le savoir au vrai. Seguin, après avoir examiné son pouls ; lui ditfroidement, Sire , votre Majesté peut vivre encore deux ou trois heures toutau plus. Le Roi joignant alors les mains, dit, Hé bien mon Dieu j’y con-sens , votre volontéJoit faite (e). II mourut le 14 de Mai 1 043 , jour de ion avè-nement à la Couronne, dans la quarante-deuxieme année de son âge , aprèsavoir régné trente-trois ans accomplis (/). Un excellent Historien (g)a fait son portrait en peu de mots ; il étoit tout auífi vaillant que HenriIV. mais d’une valeur fans chaleur & fans éclat, qui n’eût pas été bonnepour conquérir un Royaume. La Providence l’avoit fait naître dans leMoment qui lui étoit propre ; plutôt, il eût été trop foible ; plus tard,
(a) Henault & aï.
(,b) Mein. de Motteville.
(e) Les mêmes, p. 118 & suiv.
(Uj Mem. de Pontis T. II. p. m. 229.
(e) Mem. de Motteville T. I. p. 119,120
(f) Mem.dtíBriemeT.ÍI.p. J73. Mei».dt Puyse^ur, p 2 4 o. Henault.
yg) Henault p. m. 655.
Tome XXXI.
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