HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. S77
Rosen avec un corps de Cavalerie joindre Je Mare'chal de Turenne, qui SacrmNs’avaoçoit vers la Franconie. 11 paísa le Rhin & Je Mein , & détacha Ro xiii.sen pour observer les mouvemens du Général Merci, qui ne le cédoit enhabileté à aucun Capitaine, & contínuoit à se retirer. Rosen, après l’a-voir suivi quatre jours, vint rejoindre le Maréchal de Turenne , & lui Paix d esrapporta que les ennemis s’étoient retirés. Là-dessus, le Maréchal cé- Pyrénées.dant àl’importunité des Allemands,& à cause que la saison devenoit rude, r 7 ~~mit les Troupes en quartiers de rafraîchissement. Merci l’avoit prévu,&avoir suivi Rosen lentement,- le 5 de Mai, il attaqua les quartiers des Mini.François à Mariendal, les emporta fans peine, fit un grand carnage, & 1645*
prit six pieces de Canon avec tout le bagage. Turenne repassr le Mein ,
& se retira sous Philipsbourg. C’est là feule disgrâce que ce Maréchal aitjamais essuyée, & c’est peut-être ce qui le rendit si humble dans sesviéloires. Au moins est-il certain, que quand on le louoit de celles-ci, il rappelloit toujours l’affaire de Mariendal, & donnoit à Merci leslouanges qu’on vouloir lui donner à lui-même. Le Duc d’Enguíen, desti-né à commander en Allemagne, accourut à son secours, après avoir aidéen chemin au Marquis de Villeroi à prendre la Motte, où le Duc de Lor-raine avoit toujours garnison ; & où Magalotti, Officier Italien, à qui leCardinal destinoit le bâton de Maréchal, avoit été tué.
Les Troupes Françoises s’étant réunies, marchèrent fous les ordres du Bataille deDuc & des Maréchaux de Grammont & de Turenne, pour assiéger Heilbron. NortUngtisS’étant rendus maîtres de Wimphen, qui leur ouvroit un passage fur leNekre, ils s'avanceront vers Nortlingue ; ils trouvèrent proche de cette eJ u 'ville le Général Merci, posté encore plus avantageusement qu’à Fribourg.
Le Duc d’Enguien ne laissa pas de se déterminer à l’attaquer, ce qu’il fitle 3 d’Août. il donna au Maréchal de Grammont le commandement del’aile droite, qui étoit opposée aux Bavarois; le Marquis de Castelnau étoitau centre; le Maréchal de Turenne commandoit l’aile gauche où étoit tou-te la Cavalerie Allemande, & étoit opposée à l’aile droite des ennemis,où le Général Merci se trouvoit. Le Duc ne prit aucun poste particulier.
L’action commença par Patraque d’un village où les Bavarois s’étoientretranchés; le Marquis de Castelnau s’y porta avec beaucoup de vigueur;il fut fur le point d’être repoussé, mais le Duc d’Enguien étant venu à sonsecours ce poste fut emporté (a). Le Maréchal de Turenne força avecbeaucoup de peine une éminence qui étoit entre le village & l’aile droitedes ennemis, qu’il mit en déroute avec un grand carnage; & le GénéralMerci fut tué fur la place (b). Le Maréchal de Grammont avec l’ailequ’il commandoit fut battu Ck fait prisonnier; & si le Général Gleen nes’étoit pas arrêté à vouloir entreprendre de piller le bagage, il auroitpu faire changer la fortune de cette journée, ou au moins faire une ho-norable retraite, mais ses Troupes aiant été dispersées par les vainqueursil fut lui-même. fait prisonnier. Les Impériaux eurent deux mille hommesde tués & treize - cens prisonniers, & cn leur. prit quinze pieces de Ca-sa) Hist. du Prince de Condé p, 98. (b) Hist. du Pr. de Condé ubi sup,
Hií't. de M3zarin T. I, p. 294,
Tome XXXI.
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