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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 3 g 3

lon avoit perdu toute espérance de Paix. Ceux qui prétendent que Ri. Suctio achelieu avoit commencé cette guerre pour se rendre nécessaire à son Maî- XUI :tre, peuvent avec autant de raison soutenir, que Mazarin îa continua pour louÎsXI vmaintenir son autorité, en maintenant celle de sa Maitresse. II est certain jusquà laque se s ennemis lui ont toujours reproché, quil navoit nullement envie Paix dede la Paix générale, quoiquil fit profession du contraire. Pyrénées.

Le Maréchal de Turenne commandoit en Allemagne, le seul endroit s 'la situation des affaires publiques ne permettoit pas au Cardinal de faire a^ïma-grand chose. Toute lArmée nétoic que de huit mille hommes, & tout gne&dI-ce quon pouvoit espérer, cétoit que le Maréchal fâcherait de se join-^/ie, ledre aux Suédois, ce qui étoit suivant les apparences très-difficile, i'mon S ardinal pimpossible. Turenne lui-même regarda ce projet comme chimériquefit des dispositions fort différentes. 11 engagea enfinle Landgrave de * *

faire un Pont près de .Wefel , fur lequel il passa le Rhin , 6c marchaavec tant de diligence quil entra en Biviere , fans que les Impériauxpussent latteindre; il joignit les Suédois & assiégea Augsbourg (a) ,il fut néanmoins contraint de lever le siégé au mois d'Octobre. Ce-pendant cette jonction avec les Suédois détermina principalement les E-lecteurs de Bavière & de Cologne à conclure un Traité de neutralité ,pour sauver leur Pays (ù); ce qui fut aussi avantageux à la France, quau-roit pu lêtre une Victoire. Ce qui fut cause que lArmée étoit si foibíeen Allemagne , cesl quon fit de grands efforts en Italie ; le CardinalMazarin étant résolu demployer toutes les forces de la France pour hu-milier le Pape; Innocent X., non seulement persécute!t toujours les Bar-berins, mais avoit refusé Je chapeau de Cardinal à s Archevêque dAîx,frere de Mazarin ; il avoit même donné une Bulle pour obliger tous lesCardinaux de résider à Rome, & de ne sen absenter que par fa per-mission expresse (c). Mazarin connoissoit à fond la Cour de Rome, ócsavoit que la crainte seule pouvoit la rendre souple. Le Prince Thomaseut ordre d assiéger Orbitello fur les côtes de Toscane ; le Duc de Brezéeut le commandement dune Flotte, fur laquelle il y avoit cinq mille Fran-çois pour renforcer lArmée du Prince de Savoye. La Flotte Espagnolecommandée par Pimente! vint au secours de la Place; le Duc de Brezé mità la voile pour la combattre, ce quil fit le 14 de Juin; on dit quil avoitlavantage lorsquil fut tué malheureusement par un boulet de canon, à lafleur de son âge, naiant que vingt-se p t ans {d). Le Comte dOignon sonVice-Amiral, au lieu de continuer le combat, ou de penser à ce quipouvoit arriver à lArmée de terre , prit la route des côtes de France,pour sassurer de Brouage & des autres Places, dont le Duc de Brc-étoit Gouverneur , en vertu du Testament de Richelieu son oncle.

Cette action qui auroit semble-t-i! causer la disgrâce du Comte, fit lafortune (e). Le Prince Thomas après avoir perdu la meilleure partie de

(a) Henault, p. M. 677.

Çfi) Recueil des Traités de Confédéra.Mon & dAlliance entre la Couronne deFrance & les Princes & Etats Etrangers ,Léonard T. III. P* 401.

Çe) HiíL de Louis XIV.T I.p. igi,i82.

(d) Mem. de Motteville T. I. p. 361.Mein. de Navailles p. 36.

(e) Iìist. dc Louis KIV. ubijup.