SectionXI K.Régné deJ.ouisXIV.jusqu'à laPaix desPyrénées.
Disputesdans le Par-lement &?
retardementdes Négo-ciations àMunster.
382 HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII.
même tems il disoit, qu’ils étoient en grande partie inévitables, & qu’ilavoit travaillé avec quelque succès à les corriger, à mesure que le Roi avan-çoit en âgeautant qu’íl lui avoit été possible ; & les personnes impartialesont jugé qu’il ne disoit rien à cet égard de contraire à la vérité ( a ). Celan’a pas empêché qu’on n’ait été persuadé que ce n’est pas fans fondementque son Précepteur a été blâmé, & qu’on s’apperçut trop tard qu’il man-quoit des talens nécessaires pour le polie qu’on lui avoit confié.
Les Présidens Gayan & Barillon étant morts vers la fin de l’anne'e précé-dente , cet événement réveilla la mauvaise humeur du Parlement au com-mencement de celle-ci, par deux raisons. La premiere étoic, que le Pré-sident Barillon mourut dans la Citadelle de Pignerol, où i! avoit été en-voyé comme fauteur de la premiere querelle. C’étoit un Magistrat qui avoitde grands talens « de la probité, mais d’une si étrange humeur , qu’ilétoit toujours à la tête de quelque Parti. II avoit été constamment at-taché à la Reine, pendant ses disgrâces, & f avoit fort servie pour faireannuller les limitations de la Déclaration du Roi. Mais après cela, il futle premier à murmurer contre la Cour, & le dernier à s’appaiser; en sortequ’après avoir souvent eu de la condescendance pour ses caprices, & sa-crifié beaucoup à son ressentiment , la Reine l’avoit fait arrêter malgréelle, & l’avoit envoyé à Pignerol ( b ). La seconde raison qui donna lieuau mécontentement du Parlement, c’est qu’on donna les deux places de Pré-sident à deux jeunes Conseillers, en leur accordant une dispense d âge. LaCour aiant cédé, les Chambres eurent querelle ensemble, comme si la paix& le soin de faire leur devoir, eussent été le plus insupportable de leursgriefs. Durant ces débats ils avancèrent un peu trop ouvertement unemaxime, qu’il leur importoit le plus de cacher, quils regardaient îAuto-rité Royale comme incomplette pendant une Minorité (c). L’embarras causépar ces animosités hors de saison étoit moins grand encore que celui quedonnoit la division entre les Plénipotentiaires à Munster, où les Ministresde l’Empereur & de l’Ëspagne fesoient tous leurs efforts pour séparerla France de ses Alliés. Le Roi Catholique proposa entre autres cho-ses , de laisser à la Reine Régente à regler les conditions de la Paix ,en déclarant , qu’il étoit si persuadé de sa sagesse & de sa Religion ,qu’il étoit prêt à s’en rapporter à elle pour accommoder les différendsentre son Frere & son Fils. Mais par le conseil de Mazarin,la Reine,après avoir témoigné combien elle étoit sensible à la confiance du Roison frere, déclara que dans une affaire d’une si grande importance, ellene pouvoit s’en rapporter à elle-même, & quelle n’entendroit jamais áaucune condition de paix que de concert avec ses Alliés, & quelle netraiteroit point ailleurs qu’à Munster (d). Le Traité avec les Etats Gé-néraux suc renouvelle (e) , & les mesures nécessaires pour continuer laguerre aiant été prises, les Troupes eurent permission d’agir, comme si
(a) Hist.de Louis XIV. T. I. p. 16Z, 164. (d) Hist.de Louis XIV. L c p. 170,171.
sb) Mem. d’O mer Talon T. IV. p. 57. (e) Corps Univ. Diplom. T. VI. P. I.
jlein- de Motteville T. I. p. 22<5, 227. p. 34.3.
( C ) Mem. d’Oaier Talon ubisup.