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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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SectionXI K.Régné deJ.ouisXIV.jusqu'à laPaix desPyrénées.

Disputesdans le Par-lement &?

retardementdes Négo-ciations àMunster.

382 HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII.

même tems il disoit, quils étoient en grande partie inévitables, & quilavoit travaillé avec quelque succès à les corriger, à mesure que le Roi avan-çoit en âgeautant quíl lui avoit été possible ; & les personnes impartialesont jugé quil ne disoit rien à cet égard de contraire à la vérité ( a ). Celana pas empêché quon nait été persuadé que ce nest pas fans fondementque son Précepteur a été blâmé, & quon sapperçut trop tard quil man-quoit des talens nécessaires pour le polie quon lui avoit confié.

Les Présidens Gayan & Barillon étant morts vers la fin de lanne'e précé-dente , cet événement réveilla la mauvaise humeur du Parlement au com-mencement de celle-ci, par deux raisons. La premiere étoic, que le Pré-sident Barillon mourut dans la Citadelle de Pignerol, i! avoit été en-voyé comme fauteur de la premiere querelle. Cétoit un Magistrat qui avoitde grands talens « de la probité, mais dune si étrange humeur , quilétoit toujours à la tête de quelque Parti. II avoit été constamment at-taché à la Reine, pendant ses disgrâces, & f avoit fort servie pour faireannuller les limitations de la Déclaration du Roi. Mais après cela, il futle premier à murmurer contre la Cour, & le dernier à sappaiser; en sortequaprès avoir souvent eu de la condescendance pour ses caprices, & sa-crifié beaucoup à son ressentiment , la Reine lavoit fait arrêter malgréelle, & lavoit envoyé à Pignerol ( b ). La seconde raison qui donna lieuau mécontentement du Parlement, cest quon donna les deux places de Pré-sident à deux jeunes Conseillers, en leur accordant une dispense d âge. LaCour aiant cédé, les Chambres eurent querelle ensemble, comme si la paix& le soin de faire leur devoir, eussent été le plus insupportable de leursgriefs. Durant ces débats ils avancèrent un peu trop ouvertement unemaxime, quil leur importoit le plus de cacher, quils regardaient îAuto-rité Royale comme incomplette pendant une Minorité (c). Lembarras causépar ces animosités hors de saison étoit moins grand encore que celui quedonnoit la division entre les Plénipotentiaires à Munster, les Ministresde lEmpereur & de lËspagne fesoient tous leurs efforts pour séparerla France de ses Alliés. Le Roi Catholique proposa entre autres cho-ses , de laisser à la Reine Régente à regler les conditions de la Paix ,en déclarant , quil étoit si persuadé de sa sagesse & de sa Religion ,quil étoit prêt à sen rapporter à elle pour accommoder les différendsentre son Frere & son Fils. Mais par le conseil de Mazarin,la Reine,après avoir témoigné combien elle étoit sensible à la confiance du Roison frere, déclara que dans une affaire dune si grande importance, ellene pouvoit sen rapporter à elle-même, & quelle nentendroit jamais áaucune condition de paix que de concert avec ses Alliés, & quelle netraiteroit point ailleurs quà Munster (d). Le Traité avec les Etats Gé-néraux suc renouvelle (e) , & les mesures nécessaires pour continuer laguerre aiant été prises, les Troupes eurent permission dagir, comme si

(a) Hist.de Louis XIV. T. I. p. 16Z, 164. (d) Hist.de Louis XIV. L c p. 170,171.

sb) Mem. dO mer Talon T. IV. p. 57. (e) Corps Univ. Diplom. T. VI. P. I.

jlein- de Motteville T. I. p. 22<5, 227. p. 34.3.

( C ) Mem. dOaier Talon ubisup.