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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 4o?ce d’aucun. 11 avoit vérifié l’Edit par lequel la Reine déclaroit le Prince de Sec- no»Condé criminel de Leze - Majesté. II mit la tête du Cardinal à prix & xm.commença à procéder contre le Maréchal d’Hoquincourt pour l’avoir pro- Lou” ff xnrtégé (a). Le Duc d’Orléans fit le même personnage ; il s’étoit déclaré j u f q u‘à la ’souvent de la façon la plus forte pour l’Autorité Royale, & ne lai fia pas Paix desde conclure vers la fin de Janvier un Traité avec le Prince de Condé (1;), Pyrénées.se réservant néanmoins la liberté de continuer à vivre bien avec le Coad- "

juteur, ennemi mortel du Prince. II fit aulfi entrer en France un corpsde Troupes, qui étoient au service des Espagnols, qui se joignit à cellesque commandoient les Ducs de Beaufort & de Nemours. Mademoisellefut envoyée par son pere à Orléans, & par fa présence seule elle enga-gea cette ville à se déclarer pour le Prince. Mais ce qui dévoile bienle tour d’esprit qui regnoit en ce tems - là, elle fit savoir d’abord à laReine qu’elle n’étoit pas irréconciliable, mais qu’une personne qui avoitautant de capacité & de crédit qu’elle, ne pouvoit s’acquérir qu’au prixd’une Couronne, en un mot qu’elle s’attendoit à épouser ie Roi (c).

Quelque étrange que cela puisle paroitre , elle auroit pu peut -être Le Maré-réussir dans son dessein, par la force. La surprise d’Orléans mit la Cour chai de Tu -dans un si grand embarras, qu’elle fut obligée de fe loger à Gien, où renntem P ê ‘il y a un bon pont fur la Loire, n’y aiant que peu de Troupes avecS^^"*le Roi. A peine y étoit-elle arrivée, que le Duc de Beaufort vint se//oi ffposter de l’autré côté & fit attaquer le Pont. Le Maréchal de Turen- Cour ne-ne se trouvoit à Gien, & sa présence sauva le Roi & la Reine. II pritAàt enit-' deux ou trois-cens hommes qui étoient là, mais qui n’avoient ni pou- àdre ni balles, les posta dans les maisons voisines du Pont, fit ouvrir laporte, & s’avança l’épée à la main en criant fort haut à ses Troupesde ne point faire feu, que les ennemis ne fufient bien à portée. Celasurprit le Baron de Sirol, qui commandoit les rebelles, & l’engagea à sebarricader de son côté, au lieu d’avancer. Le Maréchal d’Hoquincourtétant survenu avec les Gardes, attaqua la barricade, Sirol fut tué & sesTroupes fe retirerent (d). La hardiesse de Turenne dans cette occasionempêcha le Roi A la Reine d’étre faits prisonniers. Les Ducs de Beaufort& de Nemours aiant eu querelle, le Prince de Condé, dont les affairesn’alloient pas trop bien en Guienne, quitta son Armée, & accompagnéseulement de quelques amis, fit avec beaucoup de peine & de dangercent-vingt lieues pour venir se mettre à la tête de ses Troupes fur laLoire; il y a arriva Je 26 de Mars. Sa présence rétablit Tordre & ren-dit le courage à ces Troupes. Le Maréchal d’Hoquincourt aiant mis unepartie de l’Armée du Roi en quartiers à Bleneau , trop loin du restecommandé par le Maréchal de Turenne, le Prince Tattaqua pendant lanuit le 6 d’Avril , enleva deux de ses quartiers & auroit assurémentbattu toute l’Armée & peut-être pris toute la Famille Royale à Gien,si M. de Turenne ne s’étoit avancé avec quatre mille hommes, & posté

(#) Mera. de Retz L c. p 4Z. (c) Mem. de Bricnne L c. p. 138. Mera.

(b) Mein. dOmer Talon T. VIil. P. I. de MotteviH e ubi fup. p. 105, 109.p. 80. (<i) Mem. de Rttz T. III p. 103, 104.