4 o (3 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section pour la justification du Prince (a). La Reine s’appercevant néanmoinsXUI. qu’elle avoir repris plus d’autorité , résolut de s’en servir, elle ôta lesRcgntds g ceaux à M. de Chateauneuf & les donna au Premier Président de Moléjtifqu'à la (b). C’étoit au mois d’Août; mais voiant qu’elle ne pouvoit le soutenir,Paix des elle rendit les Sceaux au Chancelier Seguier. Par un étrange effet desPyrénées. passions Fambition rendit Chateauneuf humble, il promit tout à la Reine' & au Cardinal pour rentrer en grâce. Le Roi aiant été déclaré Majeur le
7 de Septembre, il parvint à ce qui avoit été l’objet de toutes ses intri-gues, & fut mis à la tête du Conseil du Roi, les Sceaux furent encore re-mis au Premier Président (c). Ce changement, & les instances de la Du-chesse de Longueville fa sœur, déterminèrent le Prince de Condé à exciterune nouvelle guerre civile,- il se retira enGuienne, dont il avoit échangéle Gouvernement avec le Duc d’Epernon pour celui de Bourgogne. II yfut joint par les Ducs de la Rochefoucault, de Beaufort, de Nemours,de Richelieu, le Prince de Tarente, le Marquis de la Force, âc par M.Martin, qui lui amena les Troupes qui dévoient défendre la Catalogne. LaCour ne lui donna pas le tems de se fortifier, elle s’avanja vers Bourges,dont M. de Chateauneuf engagea les habitans à quitter le parti du Prince,& à ouvrir leurs portes à leurs Majestés (d). Le Comte de Harcourt com-manda l’Armée qu’on opposa au Prince , & dans l’embarras où la Reine setrouvoit elle invita le Cardinal Mazarin , qui étoit à Cologne, de venirjoindre la Cour à Poitiers. Le Parlement en fut si irrité , que quoiqu’ilfût d’ailleurs assez bien intentionné, il donna le 29 de Decembre un Arrêt,par lequel il proscrivoit ce Ministre, & offroit cinquante mille écus à ceuxqui !e repréfenteroient en justice vif ou mort (-), laquelle somme devoitêtre prise fur la vente de ses meubles & de fa Bibliothèque. Les Espa-gnols avoient en ce tems-là soumis presque toute la Catalogne, & assie-geoient Barcelone; ils reprirent aussi plusieurs Places dans les Pays-Bas,&ils auroient pu faire plus, s’ils avoient uniquement employé leurs armes,au lieu de faire avec les Mécontens des Traités , par lesquels ils leurpromirent de grands secours, & prodiguèrent des sommes immenses àtous les Partis, non par aucune prédileétion pour tel ou tel, mais parcequ’ilscroyoient que tout ce qui contribuoit à troubler la France étoit avantageuxà FEspagne.
Le Duc Le Cardinal Mazarin, escorté par six mille hommes commandés par led' Orléans Maréchal d’Hoquincourt se rendit à Poitiers, avec plusieurs personnes de(j-le Parie, qualité (/), à qui il avoit donné des Gouvernemens & qui lui étoient de-’ctirent con- meures toujours constamment attachés. II avoit aussi détaché du parti destn la Cour. Mécontens le Duc de Bouillon & le Maréchal de Turenne, leur enlevanti6s2. par là les meilleures têtes qu’ils eussent. Le Parlement continua à Rac-commoder comme par le passé à tous les Partis, & par là n’eut la confian-
(a) Mem. de Retz ubi sup. p. 355 & ( d ) Mem. de Retz T. III. p. 2. Mem.
suiv. de Brienne T. III. p. ru.
(i>) Mem. de Joli T. I. p. r<?2. (e) Mem. de Joli T. I. p. igo. Mein»
(r) Mem. de Oriemie T. IH. p, I07. de Retz ubi sup. p. 41.
Mem. de MotteviUe T. v. p. tío. (/) Mem. de joli l. c. Mem. de la DU-
cheffede Nemours p. m. 133,