HISTOIRE DE FRANCE. Lïv. XXIII. 4o pïe Maréchal de Turenne firent tout ce qu’on pouvoit attendre des plus Sz ctiomgrands Capitaines («). Cependant le Maréchal de la Ferté aiant paru, le xm.Prince étoit perdu , si Brousse! par ordre de Mademoiselle n’avoit fait tirer LouuxiVle canon de la Bastille sur l’Armée du Roi, dans le même tems qu’on ouvroit j u sq U 'à i a 'la pore de Saint Antoine aux Troupes du Prince, ce qui mit fin au com- derbat. 11 périt beaucoup de braves gens de s un & de l’autre Parti, le Car* F'j rené se.dinal y perdit son neveu. Le Prince se vanta de la victoire, parcequ’il ' '
resta maître de Paris. Lui & le Duc d’Orléans firent un usage immodéréde leur pouvoir ; pour mettre les Parisiens dans une dépendance absoluecomme du tems de la Ligue, on tint une Assemblée générale à l’Hotel deville; pendant qu’on y délibérois toute forte de gens en armes vinrent atta-quer l’Hotel de ville, mirent le feu aux portes, tuerent beaucoup de per-sonnes de tous les Partis, & firent racheter cherement à d’autres leur vie(b). On n’a jamais bien su qui fut sauteur de cette violence ; ce qu’il y ade certain c’est que M. le Prince auroit pu l’arrêter, qu’on l’y sollicita &qu’il ne le fit point. Le Parlement ne laissa pas le 20 de Juillet de déclarerle Duc d’Orléans Lieutenant - Général de la Couronne, & le Prince Géné-ral des Armées, pour remettre le Roi en liberté, le Cardinal Mazarin letenant, disoit - on captif (c). Le 6 d’Août le Roi donna une Déclarationpar laquelle il transféroic le Parlement à Pontoise, où ce Prince étoit alors. Laplupart des Présidons & une vingtaine de Conseillers obéirent. Le Gardedes Sceaux à leur tête demanda au Roi avec instance d’éloigner le Cardinal.
On fit une longue réponse, qui étoit une apologie fort travaillée de ceMinistre, mais qui sinissoit par consentir au départ du Cardinal. Le 19d’Août il partit pour Sedan (d) , laissant les affaires de l’Etat encre lesmains du Prince Thomas de Savoye & le commandement de l’Armée auMaréchal de Turenne.
La derniere sédition avoit fait perdre aux Princes l’affection des Parisiens; Le Princeil ne restoit à Paris que la lie du Parlement, & encore étoit - ce par force de Coudéqu’il fesoit ce qu’ils exigeoient. La Cour ne laissoít pas d’être dans la s ’f taia «t»;plus grande inquiétude, parceque l’Armée Espagnole marchoit droit àParis. On fonda le Duc de Longueville, pour savoir si le Roi seroit ‘triompheen fureté en Normandie; la réponse n’aiant été nullement favorable, on dam Paris.délibéra s’il se retireroít à Lyon. L’Armée du Maréchal de Turennen’étoit que de huit mille hommes, & c’étoit fur elle que rouloit le sortdu Roi & de l’Etat. Dans cette extrémité on consultoit principalementle Duc de Bouillon, qui avec ses défauts étoit peut-être l’homme le pluscapable de son tems. Lui & le Maréchal son frere s’opposèrent à ces dé-marches foibles, comme peu sûres & honteuses. Le Maréchal s’avançaavec fa petite Armée vers Corapiegne, ce qui pour tout autre Général au-
(a) Mem. de Motteville T. V. p. 128, Menu de Motteville ubisup p. 150. Mein.
129. Mem. de Is’availles p. 142 , 143.Mem de Joli T. 11 . p iz, 14. Mem. deTavannes p, 168 & l'uiv. Mem. de lletzT. III. p. 170-173.
(b) Mem. de Tavannes p. 178 & íuiv.
de ia Rochefoucault p. m. 24F, 249.
(c) Mem. d’Omer Talon T. VIII. P.II. p. 54 -
(d) Mem, de Joli T. II. p. 20.
Tome XXXI.
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