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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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4io HISTOIRE DE FRANCE. Lvf. XXIII.

Section roit pu paroître téméraire & imprudent. _ Mais le talent particulier dexiii. grand homme étoit, quil ne se trcmpoit gueres dans le jugement quilRegntde portoit de leffet que ses mouvemens produiroient çhez lennemi. II avoitjufyu'à ia^ auv ® ^ Famille Royale à Gien par fa prudente témérité, à BleneauPaix des par son activité, & il la sauva encore en prévoyant que les Espagnols,Pyrénées, qui avoient une haute idée de fa prudence, foupçonneroient quelque~ 1 - mystère dans le mouvement quil fesoic. Cela ne manqua point, ôc le

Comte de Fuensaldagne rebroussa chemin pour couvrir la Flandres, lais-sant le Duc de Lorraine avec une Armée auffi forte que celle du Ma-réchal , pour seconder les Princes. Le Duc savança vers Paris ; le Ma-réchal se posta à Saint - Germain près de Creflì, la Cour lui envoyaordre de rester, parcequelle traitoit avec le Duc de Lorraine, qui avoitpromis de ne pas marcher en avant. Turenne aima mieux risquer satête que de se fier aux promesses du Duc , & jugea à propos dallercamper à Villeneuve -Saint- George ; & comme son Armée étoit fortinférieure à celle des Ennemis, il sy retrancha. Le Prince, qui avoitjoint le Duc, crut être si sûr de le battre ou de laffamer, quils parlè-rent de disposer des Charges & des principaux Gouvernemens du Royau-me. Les choses demeurèrent environ un mois dans cet état,- alors M.de Turenne profitant de labfence du Prince, du Duc & des principauxOfficiers qui étoient à Paris, décampa & gagna Corbeil & Melun, fansperte & fans être attaqué. Vers ce tems - les Royalistes étoient de-venus si puissans dans Paris, que le Prince de Condé jugea à proposdcn sortir le 15 dOctobre (ct) & daller se jetter entre les bras desEspagnols. Le 21, le Roi entra en triomphe dans fa capitale, d leDuc dOrléans se retira en même tems (b). II alla tout droit au Lou-vre , d il envoya ordre au fils Broussel de remettre dabord la Bastil-le , fous peine d'être pendu à la porte ; il obéit fur le champ. Le len-demain le Roi tint son lit de Justice (c); on lut la Déclaration, portantlamnistie générale de tout ce qui avoit été fait pendant les troubles,une autre pour le rétablissement des Compagnies Souveraines à Paris,& une troisième qui défendoit au Parlement de se mêler à l'avenir daf-faires dEtac ; on donna ordre à trois Présidens & à neuf Conseillers desortir de Paris, le bon homme Broussel étoit du nombre, mais on per-mit quil demeurât caché à cause de son grand âge. Le Coadjuteur de-venu Cardinal, en dupant Mazarin à Rome, fut d'abord reçu avec beau-coup de caresses, mais le 19 de Decembre il fut arrêté & conduit àVincennes (ri). II étoit le chef des Frondeurs, & fa prison anéantiecette Faction. Avant que de parler des affaires de la guerre, qui con-tinuoit toujours, disons un mot du sort de quelques-uns de ceux, quipar leur ambition & leur avarice avoient excité les troubles. Chateauneufqui avoit été exilé, au premier retour du Cardinal, mourut de chagrin

(a) Les mêraes. p. 2a. Hist. du Princeie Condé p m. 56;.

(b) Mem. de Joli l. c. p. a8. Mein. de

(t) Mem. dOœer Talon T. VIII. P. II,p. 106 & al.

( d) Mein. de Retz n bi fup. p. 279 &