HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 4lr
dans fa maison de Montrouge, & Chavigni de rage & de désespoir d’a- Srcrrosvoir été maltraité par le Prince; le Duc de Beaufort tua son beaufrere le Xiu.Duc de Nemours en duel d’un coup de pistolet ; le Prince de Conti & la foUisxrvDuchesse de Longueville étoient bloqués dans Bourdeaux, où s’étant brouil- jusqù’àjj’lés ensemble, ils cabaloient l’un contre fautre. Paix des
La désertion du Comte de Marsin pour mener ses Troupes au Prince de Pyrénées.Condé, fit perdre en Catalogne ce qui avoit coûté tant de sang & de trésors. ~ — 7Z~~"Le Maréchal de la Mothe rendit Barcelone par capitulation le 13 d’Oclo-bre, avec tout ce qu’il tenoit dans îa Principauté, excepté Roses; mais il Catalogneobtint des conditions avantageuses pour les Troupes Françoises , & la en itaiuconservation des privilèges des Catalans. En Italie, on perdit Casai, & m Flandres.on eut bien de la peine à engager le Duc de Mantoue à demeurer neutre,
& le Duc de Savoye de se déclarer pour l’Espagne (a). La Cour offritalors au Roi de Portugal de s’engager à ne point faire de paix avec l’Espa-gne sans l’y faire comprendre, moyennant qu’il donnât deux millions d*é-cus, payables en cinq ans, mais dont on payeroit d’abord huit cens mille.
Les Portugais trouvèrent cette somme exorbitante, & se plaignirent haute-ment ensuite, de ce qui n’étoit que l’effet de leur jugement précipité (S).
En Flandres les Espagnols furent maîtres de faire tout ce qu’ils purent,sinon tout ce qui leur plut. La France n’avoit point d’Armée à leur oppo-ser, & par conséquent les Gouverneurs des Places ne pouvoient espérer desecours. Ils abandonnèrent Mardyck dans le mois d’Avril. L’Archíduc kla tête de trente mille hommes assiégea Gravelines, qui se rendit le 18 deMai après soixante - neuf jours de siégé (c). 11 attaqua ensuite Dunquer-que, que le Comte d’Estrades défendit. Le Duc de Vendôme eut ordred’équipper une Flotte pour secourir la Place , ce qu’il fit avec beaucoupde peine & de dépense ; mais la Flotte Angloise par ordre de Cromwell’attaqua, K tous les vaisseaux furent pris à la réserve de trois. II paroitqu’il aimoit mieux en ce teins-là que Dunquerque fût entre les mains desEspagnols que des François ; il changea depuis de sentiment. Cette villese. rendit le 16 de Septembre, après trente - neuf jours de tranchée ouverte(d). Ces succès persuadèrent aux ennemis qu’ils pourroient prendre desquartiers d’hiver en Lorraine, l’Armée du Prince de Condé A du Duc deLorraine étant au moins de vingt-cinq mille hommes.
Le Prince prit Rhetel & Château Porcien vers la fin d’O&obre, tk dans Le ~'Marè.le mois de Novembre Sainte - Menehoud. II marcha ensuite à Bar - le - Duc , chal de Tu -en quoi il fit, selon M. de Turenne, une grande faute, cette Place étant Z^lineefeforte, & son Armée fort exposée. II eut néanmoins le bonheur de pren-/ e retirer mdre la plus grande partie de Ja garnison dans la basse ville, desorte qu’il Flandres*fut bientôt maître de la Place, contre toute attente. II s’empara encorede Ligni, de Voyd & de Commerci. Le Maréchal de Turenne arrivavers ce tems-là à Stainville avec douze mille hommes; il passa la Meuse leplutôt qu’il lui fut possible, pouílà Je Prince de Voyd à Commerci, de
(a) Mem. de Brienae 1 . r.p. 169. Abre- (b) Metn.de Brienne uUsup. p. 140 Si fuir.
gé Chron. de l’Hist. de France T. XII. (c) Henault p. m. jço.
p. 419, 4 2 °* (d) Là-même,
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