4i3 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Skctjon On résolut de rouvrir du côté des Pays-Bas par le siégé de Seenai (a).
XIII Place qui appartenoit au Prince de Coudé, qu’on avoit détachée de laLouis xiv lorraine fous Louis XIII. & que le Prince avoit arrachée à la Cour avecj u s q u 3 à la ' d’autres Places. La garnison étoit nombreuse ik commandée par le ComtePaix des de Chamilli , & Seenai étoit une bonne Place, bien pourvue de munitionsPyrénées . si e guerre & de bouche. Le projet de ce siégé fut formé par M. Fabert,- Gouverneur de Sedan , à qui le Cardinal avoit de grandes obligations,imìtef* ì'ànt reçu & protégé dans ses disgrâces & témoigné une grande fidélitéPays- Bas. P ar rapport.à la Famille & aux trésors de ce Ministre, qu'il lui avoit con-fiés. Stenai fut investi le 19 de Juin,- les Maréchaux de Turenne & de laFerlé commandoient l’Armée qui couvroit le siégé ; elle étoit environ deseize mille hommes. Le Roi fit se premiere campagne à ce siégé & eutoccasion de voir combien M. Fabert avoit perfectionné l’Art de la guerre.Le Prince de Condé, qui avoit intérêt de conserver cette Place, souhaitaque les Troupes de Lorraine lui aidassent à la secourir; mais le Duc Fran-çois, que les Espagnols avoient fait venir pour commander les Troupes del’on frere, refusa de les prêter pour cette expédition,à moins que le Prin-ce ne lui cédât Clermont (b). Le Prince proposa alors d’aller assiéger Ar-ras, dans l’espérance que cela obligeroit s Armée Françoise de lever le siégéde Stenai. L’Archiduc Léopold, le Prince de Condé & le Comte de Fuen*saldagne assiégèrent donc cette grande ville, & poussèrent leurs travauxavec vigueur. Les Maréchaux de Turenne & de la Ferté vinrent se posterdans le voisinage des Espagnols qui avoient vingt-cinq mille hommes. Tu-renne tenta toutes les voies imaginables pour les obliger de lever le siégé,fans risquer une bataille, ou forcer leurs lignes, mais ce fut inutilement(c). A la fin Stenai se rendit le 6 d’Août, après trente - six jours de tran-chée ouverte, & la plupart des Troupes qui avoient servi au siégé allerentfous les ordres du Maréchal d’Hoquincourt joindre M. de Turenne. CeGénéral se détermina , contre l’avis & l’inclination de la plupart de sesOfficiers, d’attaquer les lignes des ennemis; il exécuta ce dessein le 25d’Août avec tant de succès, que les Espagnols perdirent tout leur ca-non & leur bagage; il est vrai que le Prince de Condé acquit autantde gloire par ía retraite, que le Maréchal par fa victoire (d); car leRoi d’Espagne écrivit lui-même au Prince en ces termes, „ Mon Cou-„ sin onm’avoit dit que tout étoit perdu, mais Votre Altesse a sauvé„ tout”. II faut remarquer que la prise de cette même ville en 164©avoit été aussi utile au crédit du Cardinal de Richelieu, que la levée dusiégé le fut cette année au Cardinal Mazarin, qui eut la vanité de s’at-tribuer tout le succès de la campagne. 11 ne se pouvoit en effet riende plus ridiculement insolent que la conduite des Premiers Ministresde France & d’Espagne, qui gouvernoient ces deux Royaumes avec une
(o) Meui. de Brienne T. III. p, 174.Me tn. de Montglat T. IV. p. 57. Mera.de Puyfegur, p. 381. Hift. du Prince deCoudé, m. 396.
(f,j Hiíi. du Prince de Condé l. c. Gual ,
do ubi íitp. p. 220 & íïiiv.
CO Mem. de Brienne l, c. p. 17;. Mern-deNavaillesp, J58. Gualdo l.c. p. 227A fuiv-(d) Mem. de Puyfegur, p. 381 -393*Hiíì. du Pr. de Condé p. m. 402. 403.