HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 4x9
autorité absolue, & continuoient la guerre uniquement par animosité, tan-SacTfo»dis qu’elie ruinoit l’industrie & le commerce & rendoit les peuples malheu-reux. Don Louis de Haro gouvernoit Philippe IV avec le même empire,, ou^xiVque Mazarin Louis XIV., il n’étoit pas encore question du nom de c t jusqu’à i* 'Prince dans le Monde, & jamais on n’avoit parlé du Roi d’Efpagne. W Paix tksn’v avoit alors aucune tête couronnée en Europe qui eût une gloire personnel- ^H rtnéeSkle." La seule Christine, Reine de Suede , gouvernoit par elle-même &foutenoit l’honneur du trône (a). Mais cette Princesse résigna la Couron-ne à son cousin Charles Gustave, neveu du grand Gustave - Adolphe, &se retira en France, où elle ne fut considérée que des Gens de Lettres (S).
Pendant que la France étoit déchirée par des divisions intestines , l’An- Traité m-gleterre étoit au plus haut point de puissance & de grandeur; l’Usurpateur tre la Ft m-Cromwel étoit rédouté & recherché de toutes les Puiíïànces de J’Europe . ce b JVf»-La Politique l’avoit engagé à signer un Traité avec la Hollande, tandisque toute la Nation demandoit à grands cris la continuation de la guerre, 55 ’pour se venger des insultes qu’elle avoit reçues aux Indes Orientales, &pour obliger cette fiere République à rendre au Pavillon Anglois le respectqui lui est dû. Cependant le Protecteur se contenta de trois articles im*portans. Le premier, que les Hollandois reconnoitroient la Souverainetédu Pavillon Anglois dans la Manche. Le second que jamais la Républiquen’éliroit un Prince de la Maison d Orange pour Stadhouder ou Amiral. Letroisième que les Hollandois abandonneroient absolument les intérêts de laMaison de Smart. Mazarin d’un autre côté laissoit languir le Commerce,la Marine & les Finances de France. Avec le même pouvoir que Cromwelavoit en Angleterre, il n’avoit pas cette grandeur d’ame nécessaire, pourrendre le peuple heureux. Don Louis de Haro offrit au Protecteur delui aider à prendre Calais ; Mazarin lui proposa d’aslieger Dunquerque Ade lui remettre cette ville. II fut beaucoup sollicité par le Prince de Cou-dé ; mais Cromwel étoit trop politique pour négocier avec un Prince, quiétoit fans parti en France, & lans pouvoir chez les Espagnols. A la fin ilse détermina pour la France, & fit un Traité, mais fans y faire mentionde Dunquerque II traita avec le Roi d’égal à égal, le força à reconnoitreson titre de Protecteur, & l’obligea à faire sortir de France Charles II ik leDuc d’York.
Cependant Turenne poussoit ses conquêtes, & s’ouvrit le chemin des TwennePays-Bas Espagnols, parla prise de Landrecies & du Quesnoi, & par là Louvre ieil préparoit la route à tous les avantages que la France remporta jusqu’à la c ^ cmn desfin de cette guerre. II prit Coudé le 18 d’Août, & Saint Guillain le 25. Espagnols.Le Roi qui avoit fait toute la campagne, commanda en personne à ce sié-gé (*). Quiers & Castillon s’étoient rendus un peu auparavant au Prince
(a) Siécle de Louis XIV. T. I. Ch. (b) Henault , p. m. 705.î>. m. 96.
, (') Le Président Henault dit expressément que le Roi commanda à ce íìege (1), par
il entend fans doute qu’il y fut présent. De Voltaire dit que dans le tems du fiege
(l) Humait, p. 704,
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