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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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426 HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII.

SacTioN Cavalerie fefoit la garde de nuit, ensorte que le passage e'toic fermé. TelsXIII. étoient les ouvrages qui attirèrent le Roi, le Cardinal & toute la CourRégné 4 e p 0ur g tre spectateurs dun siégé , qui promettoit le plus grand spectaclewïíîJ' de guerre, si uon but encore vu. Avant que tous les ouvrages fussent^Paix'de* achevés les six mille Anglois débarquèrent & vinrent joindre M. de Tu-Pyrenées. renne. Ils étoient commandés par le Général - Major Morgan , habile Gffi-

-cier, quoique Loekhart Ambassadeur de Cromwel eût le nom davoir le

commandement. La tranchée fut ouverte par deux approches, dont luneétoit conduite par les François, & lautre par les Anglois, qui fe dispu-toient h qui feroit les actions les plus hardies, & avanceroit le plus promp-tement. Dabord les assiégés firent plusieurs sorties, & furent toujoursrepoussés. Turenne poussa si vivement ses travaux , quon arracha despalissades du glacis, quon sempara de plusieurs traverses du chemin cou-vert, & quon fe prépara à tâcher de íe loger fur la contrescarpe, avantque les Espagnols fissent le moindre mouvement pour arrêter le progrès desarmes du Roi. Ils avoient eu de la peine à fe persuader, que M. de Tu-renne sengageât dans une pareille entreprise, avant que de sêtre rendumaître des Places dalentour ; mais le volant actuellement occupé au siégé rils fe disposèrent à attaquer fes lignes.

Bataille des Le Prince de Condé détacha le Maréchal dHocquincourt avec soixanteDunes. chevaux pour aller reconnoitre les lignes des François ; mais sécant appro-ché trop près dune redoute, quelques soldats étoient à couvert, il re-çut quatre ou cinq coups de mousquet au travers du corps, dont il mouruttrois heures après. M. de Turenne avoit pris la résolution de sortir defes lignes, & datcaquer les Espagnols ; Condé devina son dessein, & enavertit Don Juan & les autres Généraux Espagnols, qui neurent aucunégard à son avis; fe tournant alors vers le jeune Duc de Gloceíter, quiétoit dans lArmée Espagnole, Navez-vous jamais perdre une bataille?lui dit-il, eh bien vous t allez-voir (a). Ce génie perçant saisit en uninstant tous les objets, & apperçut du premier coup dœil aux dispositionsde Turenne, quil devoit avoir lhonneur de cette journée. Les Angloischargèrent les premiers & firent paroitre une grande intrépidité. Le Mar-quis de Crequi chargea lennemi avec laile droite, <& le Marquis de Castle-rnere aiant pris le long du rivage, avec la gauche tourna brusquement àdroite & attaqua les Espagnols en flanc. Le Général Morgan fit monterfes troupes fur les dunes, qui étoient si escarpées, que les soldats se soute-noient les uns les autres avec le bout de leurs mousquets, & après quelquerésistance ils sen rendirent les maîtres; le Duc dYork y accourut promp-tement avec fes Gardes, rallia les Espagnols, enveloppa les Anglois, Ócfit plusieurs prisonniers par force, tous aiant refusé de mettre bas les armes& de so rendre. Leur opiniâtreté fit quils fe maintinrent dans leur poste ,jusquà ce quaiant été joints par quelque bataillons François, ils fondirentavec tant de furie fur les ennemis, quiis les rompirent & les mirent endésordre. Le Marquis de Castiemere ne fut pas moins heureux dans sonattaque, les Espagnols furent entiers ment mis en déroute L dispersés paf

(s) Henank p. m. 710°