HISTOIRE DE FRANCE. Lrv. XXIII. 42?
k Cavalerie. Crequi avoir attaqué vigoureusement à la tête de l’aile Sectiondroite, mais s’étant trop avancé, le Prince de Con dé l’attaqua & le ^li-re poussa jufqu’au front de l’Armée Françoise. Personne ne possedoit mieux Lofísx/vl’art de profiter de ses avantages que le Prince; s’étant mis à la tête d’un jusqu’à h *corps de Cavalerie, accompagné des Officiers Généraux & des Volon- Far» àtaires de qualité de l'Armée Espagnole, il chargea avec une si grande in* Py renées -trépidité , qu’il fut sur Je point de percer à travers les lignes des François& de s’cuvrir le chemin jusqu’à Dunquerque. Mais le reste de l’Arméeétant en fuite, & M de Turenne étant survenu avec des Troupes fraî-ches du centre, le Prince se vit attaqué de tous côtés, & fut obligé des’ouvrir le chemin du retour avec une terrible perte, aiant eu son chevaltué sous lui & exposé sa personne aux plus grands dangers. Après ce der-nier effort les ennemis cédèrent la victoire, aiant fait une résistance dontCondé seul eut tout l’h.onneur ; il avoit dans cette occasion signalé le feu& la vigueur de son génie autant qu’il avoit signalé son habileté end’autres. Sa retraite fut hardie & d’un grand Maître, car fans lui la plusgrande partie de l’Armée Espagnole auroit été faite prisonnière. II ralliales Troupes, & couvrit la queue avec un corps de Cavalerie, qui fit sibonne contenance, que Turenne fut obligé de renoncer à la poursuite ducôté où commandoit le Prince, tandis que le reste de l’Armée battue futchassé jufqu’aux portes de Furnes. On fit environ trois mille prisonniers,
& il en périt bien autant par l’épée,- la perte des vainqueurs ne fut pasfort considérable. On peut néanmoins compter comme telle la mort duMarquis de Castelnau, qui aiant été dangereusement blessé vers la fin dusiégé, mourut, après avoir reçu le bâton de Maréchal de France. Lamodestie de M. de Turenne égalait son mérite, ainsi qu’il paroit par unendroit de la Lettre qu’il écrivit à une Dame. „ Les ennemis, dit-il,
,, font venus à nous &, Dieu soit loué ! ils ont été défaits. J’ai été fort„ occupé tout le jour, ce qui m’a fatigué; je vous souhaite le bon soir,
„ je m’en vais me coucher”. Tout autre auroit écrit d’un stile remplid’ostentation, qui auroit détruit tout le mérite de ses actions.
Le lendemain de la bataille, M. de Turenne reprit le siégé avec un q Redditionnouvelle vigueur. La garnison, quoique sans espérance de secours, fit de Dun-une si belle défense, que les Affiegeans furent trois jours avant que de pou- 4 uer î ue 'voir faire un logement fur la contrescarpe , bien qu’ils fussent au piedavant la bataille. A la fin tous les dehors étant pris, la ville se rendu le24 de Juin, dix jours après la bataille, & dixhuit jours après l’ouverturede la tranchée. Elie auroit vraisemblablement tenu plus longtems, si l eMarquis de Lede, qui en étoit Gouverneur, n’avoit été malheureusementtué. La garnison réduite à mille hommes de pied & à sept cens che-vaux , sortit avec les honneurs de la guerre. Le Roi vint de Mardyckavec toute fa Cour y faire son entrée. Quelques Ecrivains disent, que Ma-zarin essaya si par quelque finesse il pourroit éluder le Traité avec Crom-\vd & ne pas remettre la Place aux Anglois, mais Lockhart menaça, úcla fermeté Angloise l’emporta fur l’habileté Italienne (a).
00 Siécle de Louis XIV. ubisup. p. 104, ioji
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