'HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 429
Le Prince se sauva avec six-cens chevaux, tandis que tout son détache- Sectio»ment étoit de deux mille hommes de pied & de quinze-cens chevaux, xni.Menin se rendit sans coup férir, & Ipres au bout de íix jours ; le Prince /oui-xuvde Ligne en sortit avec tous les honneurs de la guerre. Ces avantages su- j u s qu ’à i a 'rent suivis de la réduction de Grammont & de Ninove;‘deux Places qui Paix desn’étoient d’usage à M. de Turenne que pendant le tems qu’il étoit dans ce Py^nées.
Comté. Ce fut par là que finit une campagne, durant laquelle M. de Tu---
renne avoit battu l’Armée Espagnole, pris Dunquerque, Dixmude, Gra-velines & d’autres Places importantes au nombre de douze, & soumistout le Pays entre riper, la Lys & l’Escaut. 11 laissa cent compagnies deCavalerie & cinq mille hommes de pied dans les Places conquises, ramenason Armée en France & retourna à la Cour,'où il fut reçu avec beaucoupde distinction & sort caressé.
La campagne avoit été assez heureuse en Italie. Le Duc de Modene Campagneaiant pris des quartiers d’hiver dans les Etats du Duc de Mantoue, obligea d’Italie.ce Prince, qui s’étoit déclaré pour l’Efpagne , d’embrasser la neutralité. mUres évé ‘Le Marquis de Ville prit le 21 de Juillet Trin dans le Mon t ferrât, & Mor- nemens ‘tare dans le Milanés se rendit le 25 d’Août au Duc de Modene. Du côtédu Portugal la guerre ne fut pas plus favorable pour les Espagnols; DonLouis de Haro fut contraint de lever le siégé d’Elvas, où les Portugais se-condés du Comte de Schomberg le forcerent dans ses lignes. Nous finironsl’histoire de cette année en observant, que la mort d’Olivîer Cromwel, é-troitement allié avec la France, fit plus de plaisir au Roi & au Cardinal,que n’aurqit pu faire celle de leur plus grand ennemi. Ils connoissoient àfond le caractère du Protecteur, & savoient qu’ils ne pouvoient compterfur lui, qu’autant qu’il trouveroit son intérêt dans leur alliance. Ils desi-roient ardemment de voir garnison Françoise dans Dunquerque, ce quiétoit impossible tant qu’il vivroit. En un mot ils étoìent obligés de tìacerle Protecteur parcequ’ils le craignoient, & la vanité & la ruse de Mazarindurent céder au génie supérieur de Cromwel.
L’Hiver produisit des négociations à l’ordinaire. Le Roi Catholique L’Efpagncallarmé de la rapidité des conquêtes de la France, surtout dans les Pays- f'ait des pra-Bas, appréhenda que M. de Turenne, après avoir subjugué toute la Flan- Plions dedres, ne portât la guerre au cœur de ses Etats. II fit donc faire des propo-sitions de paix ; la Reine les appuya, parceque regardant le rétablissement à""du Roi comme une grâce particulière du Ciel, elle se croioit obligée d’entémoigner sa reconnoissance en fesant cesser l’effusion du sang Chrétien.
Elle déclara au Cardinal avec quelque feu, qu’elie ne pouvoit íè refuser àdes propositions équitables de paix, fans agir contre ses sentimens < 5 c con-tre les véritables intérêts de la France. Elle voioit que dans les deux Ro-yaumes les villes étoient dépeuplées, les Provinces désolées, ce qui restoicd’habitans dans la misere , & les finances épuisées. Tout sembloic inviterhautement à la paix, comme Punique remede aux calamités qui afïligeoiencla Chrétienté. Mais le Cardinal agissoit par d’autres motifs. II n'avoitjamais perdu de vue le projet de marier le Roi avec Plissante Maris-Thé-rèse , qui pouvoit encore devenir héritière présomptive de lá Couronned’Espagne par k mort de son frère, né depuis ia négociation de M. de
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