SacrroHXIII.Régné deLouìsXlV.jusqu’à laPaix desPyrénées.
Traité desPyrénées,i<Sj9.
430 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Lionne. Pour porter la Cour de Madrid à entrer dans ses vues, il feignicde vouloir conclure le mariage du Roi avec la Princesse Marguerite de Sa-voye. II engagea le Roi à faire le voyage de Lyon au cœar de l’Hiver, ctla Duchesse de Savoye à y venir avec les Princesses ses filles, il fit ensuiteentendre au Ministre d'Espagne, que le rems étoit venu, qu’il falloit pen-ser au mariage du Roi avec l’Infance, ou se préparer à une guerre éter-nelle entre Jes deux nations. La Cour d'Espagne dépêcha Pimente! àLyon , avec des propositions avantageuses, que Mazarin agréa. Onrenvoya alors la Duchesse de Savoye avec ses deux filles ct la Courretourna à Paris. Là on convint avec Pimente! que le Cardinal & D anLouis de Haro se rendroient aux Pyrénées & conféreroient dans filledes Faisans. On y bâtit une loge dans le milieu , & deux Ponts decommunication par où les deux Ministres s’y rendirent chacun de leurcôté, afin deviter toute dispute fur la préséance. L’ouverture des con-férences se fit le 13 d’Août, ct en moins de trois mois ces deux habi-les Politiques parvinrent à faire une paix , que tous les Ministres del’Europe n’avoient pu conclure à Munster en cinq années.
Les premiers articles du Traité des Pyrénées regardent le commerce ;ensuite on y réglé le mariage du Roi avec Plissante, dont la dot doitêtre de cinq-cens mille écus dor. Suivent les Articles pour la restitu-tion des conquêtes de part & d’autre; là le Roi Catholique s’engage àaccorder une amnistie aux Catalans , & renonce 3 ses prétentions furl’Alsace. Le Traité de Querasque est confirmé. L’Ëspagne restitueVerceil au Duc de Savoye, Correggio au Duc de Modene -, toutes sesterres au Prince de Monaco, & Juliers au Duc de Neubourg. Le ré-tablissement du Prince de Condé fit la plus grande difficulté !js les deuxMinistres s'échauffèrent si fort fur cet article, qu’ils furent fur le pointde rompre les Conférences. A la fin néanmoins le Cardinal fit réflexionfur l’avantage qu’il y avoir à regagner un Héros tel que le Prince de Con-dé, & se rendit aux représentations du Ministre d’Espagne, à conditionqu’il céderoic Avesnes à la I rance. Le Traité contient cenc-ving-quatrearticles,mais nous passons fous silence ceux qui n’onc pas un rapport directà notre but («).
C’est ainsi que finit une guerre qui avoir duré vingt-un ans entre la Fran-ce & l'Espagne, pendant laquelle on avoir vu les fcenes les plus cruelles,qui marquoient l’aversion de deux nations, qui ont été presque toujoursunies depuis par les nœuds de l’amitié la plus étroite. L’Alface, le Rous-lìllon , l’Artois & la Flandres devinrent Provinces de France. C’estainsi que les principaux projeta de la Politique de Richelieu se trouvè-rent exécutés par les victoires de Turenne ct par les négociations deMazarin. Quelque ridicule que Saint Ecremond , dans fa Lettre à M.de Crequi^ait voulu jetter fur ce Traité, ce ne fut certainement fou-rrage ni d’un jour, ni d’un Ministre d’une capacité ordinaire. Jamaispeut-être Mazarin ne montra plus qu’il avoic Fart de lire en quelque façondans f avenir. Le mariage de Louis avec l’Infante s’écoit déja négocié eua-
(a) Voy. le Traité à la íîn de Danisl, Henault p, m. 717.