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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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SectionXIV.Régné deLouisXIV,depuis lan1661 jusquà Van

1674-

M. Fou-quet est

arrêté.

Dispute entre les Am-bassadeursde France& dEspa-gne íì Lon-dres.

432 HISTOIRE DE FRANCE. Lnr. XXIII.bientôt accablé fous le fardeau du Gouvernement. Mais on fut bien sur-pris de le voir déterminé à essayer ses forces & son génie,il fixa à chacunde ses Ministres les bornes de son pouvoir , fe fefant rendre compte de tout par eux à des heures réglées ; il commença à mettre de f ordredans les Finances, la Discipline fut rétablie dans les Troupes; .la magnifi-cence & les plaisirs de la Cour eurent de léclat & de la grandeur, fans nuireaux affaires publiques.

Le 5 de Septembre le Roi fit arrêter M. Fouquet Surintendant des Fi-nances, qui sétoit défait imprudemment de fa charge de Procureur Gé-néral du Parlement de Paris. De tant damis de fa fortune, M. Polissonfut presque le seul qui lui resta fidele, & qui fit voir quil étoit attaché àla personne & non à la fortune de cet infortuné Ministre ; Fouquet futcondamné à un bannissement perpétuel, qui par des raisons d'Etat fut chan- en prison perpétuelle. La charge de Surintendant fut supprimée, &M. Colbert eut la principale direction des Finances fous Je titre de Contrô-leur Général. 11 sétoit formé fous Mazarin, & la Nature lavoit rendupropre pour la place à laquelle il fut élevé. Le Tellier resta SecretairedËtat pour les affaires du dedans, & Lionne eut le détail des affaires étran-gères,- leurs départemens étoient séparés & ils ne rendoient compte quauRoi seul de tout ce qui sy passoit. On les louoit, les reprenoit & les con-fultoit, suivant leur capacité & le degré de confiance quon avoit en eux.Mais Colbert par la nature de fa charge & par son habileté fut bientôt leplus accrédité & le plus puissant. Les grands changemens qui fe firent dansles emplois publics , les sages édits publiés en ce tems-, & le choixjudicieux des Ministres font beaucoup dhonneur à cette partie du régnéde Louis XIV. Le détail à cet égard feroit inutile & ennuyeux, pareequonle trouve dans une infinité de Mémoires, de Vies & dHístoires (a).

Une dispute pour le rang entre les Ambassadeurs de France & dEfpagneà Londres, pensa rallumer la guerre entre les deux Couronnes. Cétoit àRome que ces fortes de prétentions étoient autrefois débattues; les Papesqui donnoient les Etats par une Bulle, fe croioient à plus forte raison endroit de décider du rang entre les Couronnes. La France & lEfpagneavoient eu la supériorité à Rome suivant quelies étoient bien avec les Pa-pes, ou quelles en étoient redoutées ; ainsi la dispute restoic indécise. 11arriva, quà lentrée dun Ambassadeur de Suede à Londres, le ComtedEstrades, Ambassadeur de France, & le Baron de Watteville Ambassa-deur dEfpagne fe disputèrent le pas. LEfpagnol, avec plus dargent &une plus nombreuse fuite, avoit gagné la populace Angloife; il fit couperles traits des chevaux du car oïl e de M. dËstrades, plusieurs de fes gensfurent blessés, ceux de Watteville les insultèrent, & les Espagnols mar-chèrent i epée nue comme en triomphe. Louis XIV. informé de cette in-sulte , rappella lAmbassadeur quil avoit à Madrid, fit sortir de France ce-lui dEfpagne, rompit les Conférences qui fe tenoient encore en Flandresau sujet des limites, & fie dire à Philippe IV. son beaupere, que sil nereconnoissoit la supériorité de la Couronne de France, & ne réparoit cet

, v affront

. (a) Poisson ubi fup, p. 28.