HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. maffront par une fatifaction solemnelle, la guerre alloit recommencer. Phi- Secttonlippe ne voulut pas replonger ses peuples dans les malheurs, dont ils ve- xiv.noient de voir la fin par le Traité des Pyrénées. 11 envoya le Comte de *Fuentes déclarer au Roi à Fontainebleau, en présence de tous les Ministres depuifì^'étrangers , qui étoient en France, que les Ministres Espagnols ne concour - jócu jus!rotent plus dorénavant avec ceux. de France. Ce n étoit pas reconnoitre net- r antement la prééminence du Roi, mais c’etoit un aveu autentique de la foi- I(5? *-blesse de Philippe. _
11 y eut Tannée suivante une autre affaire de la même nature en Italie, jffaìrt dudont Louis se tira avec beaucoup d’honneur. L’insolence des domestiques Corses àdu Duc de Crequi, causa un tumulte dans les rues de Rome , ou plusieurs Rme ~Corses, qui font les Archers de la ville, furent tués ou blessés. Mario l662 ‘
Chigi, frere du Pape, qui haïssoit le Duc de Créqui, anima secrètementles Corses, qui vinrent en armes assiéger la Maison de l’Ambassadeur, ilstirèrent fur le carosse de T Ambassadrice, qui rentroit alors dans son Pa-lais, lui tuerent un Page & blessèrent plusieurs domestiques. Le Duc deCréqui sortit de Rome, accusant les parens du Pape & le Pape iui-mêmed’avoir favorisé cet attentat. Le Roi demanda réparation; le Pape tem-porisa Ôí tâcha de différer ce qu’il n’osoit ouvertement refuser. Au boutde quatre mois , il fit pendre un Corse <k un Sbirre, & fie sortir de Romele Gouverneur soupçonné d’avoir favorisé Tattencat. Mais il fut consternéd’apprendre que le Roi menaçoit de faire asfieger Rome, qu’il fesoit déjapasser des Troupes en Italie & que le Maréchal Du Pleffis-Praílin étoitnommé pour Ie§ commander. Le Pape avant que de faire la satisfactionqu'tín demandoit, implora la médiation de tous les Princes Catholiques, <Scfit ce qu’il put pour les animer contre Louis XIV- ; mais les circonstancesn’étoient pas favorables au Pape, L fa conduite ne fit qu’irriter le Koi fanspouvoir lui nuire. A la fin le Pape vit qu’il n’y avoit d’autre ressource 1664.que de plier; il fut forcé d’exiler de Rome son propre frere, d envoyerson neveu le Cardinal Chigi, en qualité de Légat, faire satisfaction au Roi,de casser la Garde Corse, & d’éìever dans Rome une Piramide avec uneinscription qui contenoit Tin j ure & la réparation. Le Cardinal Chigi futle premier Légat de la Cour Romaine, qui fut jamais envoyé pour deman-der pardon ; les Légats venoient auparavant donner des Loìx & imposerdes Décimes ; & il n’y avoit rien de plus mortifiant que cette diminutionde la dignité de ce prétendu Souverain des Rois , & successeur de SaintPierre (a).
En soutenant ainsi fa dignité, Louis XIV. ne négligeoit pas les moyens Louis xivd’augmenter son pouvoir. Ses Finances bien administrées par Coibert,mi aeheteDm-rent le Roi en état d’acheter-Dunquerque & Mardik de l’Ángleterre;il en querque 6?offrit cinq millions de livres,somme trop considérable pour que Charles 11. Mur F tR -prodigue & pauvre la refusât, desorte qu’il vendit honteusement le prix dusang des Angîois. Louis fit travailler trente mille hommes à fortifierDunquerque; & les ouvrages furent poussés avec tant de diligence, qu’à
O) Siecle de Louis XIV. T. I. p, m. 133 , 134,
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