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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.

Section d Angleterre déclaroit quil rompoit lalliance, parcequil sappercevoífXIV. quau lieu de lui assurer la Zálande suivant le Traite', le dessein du Roi deRégné de France étoit dunir toutes les Provinces à la Monarchie Françoise. LeLouisXlV. Ro i très- Chrétien neut pas grand égard aux menaces d'un Allié quiljuT méprifoit ; mais comme il couroit risque de voir flétrir ses lauriers, enqu'à l an sobstinant à pénétrer dans un Pays, que les inondations rendoienc inac-cessible, il fit semblant dentendre, par considération pour Charles II. à

-un accommodement, qui ne pouvoit quêcre avantageux à la fuite de

tant de victoires. En trois mois il avoit conquis les Provinces de Guel-dre, dOveryssd & dUtrecht, plus de quarante villes fortifiées, & fuievingt-quatre mille prisonniers. Coudé & Turenne conseillèrent au Rotdenvoyer les prisonniers travailler au canal de Languedoc, & de dé-molir tout. s les Places qui nétoient pas nécessaires pour conserver ses con-quêtes, mais Louvois fut dun.autre sentiment 6c lemporta. Les prison-niers furent rendus pour une modique rançon, 6c larmée du Roi se trouvafort diminuée par les garnisons quon mit dans tant de places.

Conditions On traita à Boxtel près de Bois le-duc, le Roi se rendit aveceXOrbl rol7- ^ es Ambassadeurs dAngleterre 6c les Députés de Hollande. Louis de-jées P paries m? ' n un Traité de commerce, qui réglât les droits respectifs desdeux Rois. Compagnies Françoifes & Hollandoises des Indes Orientales & Occiden-tales ; le libre 6c public exercice de la Religion Catholique dans tous leslieux de lobéissance des Etats Généraux ; Vingt millions pour les fraix dela guerre, la cession de fes conquêtes fur la Meuse, en deça du Rhin, &dans lEmpire; fans parler de plusieurs autres conditions aussi insupporta-bles. Le Roi dAngleterre demandoit le salut du pavillon ; un million delivres sterling pour les fraix de la guerre, cent mille livres sterling tousles ans pour le droit de la pêche fur les côtes de la Grande Bretagne &dIrlande; la participation de tout le commerce des Indes, 6c la successionhéréditaire & inaliénable du Stadhouderat pour le Prince dOrange son ne-veu. Les Etats Généraux rejetterent ces propoílt-ions avec mépris ; ani-més par leur Stadhouder, ils résolurent dattendre au milieu de leurs eauxquelque occasion favorable de fe tirer de détresse, ils ne négligèrentrien pour armer les Princes dAllemagne en leur faveur , & lEìecteurde Brandebourg le plus voisin 6c le plus intéressé fe prépara à fe mettreen campagne.

Séditions en Le courage invincible, la vigilance 6c le zele pour le bien public du

Hollande. p r j nce (f Orange lui gagnèrent toute la confiance & 1 affection de la Répu-blique . & excita la haine du peuple contre les de Wit, fes ennemis impla-cables', quon accusa dêtre pensionnaires de la France. Limputationétoit fausse; il fe peut bien néanmoins que lamour de la liberté & lajalousie contre la Maison dOrange, engagerent ces deux grands Politi-ques à des mesures trop pacifiques 6c à trop de complaisance pour la puis-sance du Roi de France. Le Pensionnaire fut attaqué en me, & par sabravoure personnelle il sauva sa vie, quoique couvert de blessures.

Bi '-erses Le Prince dOrange se fesoic de plus en plus aimer ; i! donna tout ce

Jhiijjances qssii avoit pour le salut de la République, 6c agit avec tant de prudence