HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section d’ Angleterre déclaroit qu’il rompoit l’alliance, parcequ’il s’appercevoífXIV. qu’au lieu de lui assurer la Zálande suivant le Traite', le dessein du Roi deRégné de France étoit d’unir toutes les Provinces à la Monarchie Françoise. LeLouisXlV. Ro i très- Chrétien n’eut pas grand égard aux menaces d'un Allié qu’iljuT méprifoit ; mais comme il couroit risque de voir flétrir ses lauriers, enqu'à l an s’obstinant à pénétrer dans un Pays, que les inondations rendoienc inac-cessible, il fit semblant d’entendre, par considération pour Charles II. à
-un accommodement, qui ne pouvoit qu’êcre avantageux à la fuite de
tant de victoires. En trois mois il avoit conquis les Provinces de Guel-dre, d’Overyssd & d’Utrecht, plus de quarante villes fortifiées, & fuievingt-quatre mille prisonniers. Coudé & Turenne conseillèrent au Rotd’envoyer les prisonniers travailler au canal de Languedoc, & de dé-molir tout. s les Places qui n’étoient pas nécessaires pour conserver ses con-quêtes, mais Louvois fut d’un.autre sentiment 6c l’emporta. Les prison-niers furent rendus pour une modique rançon, 6c l’armée du Roi se trouvafort diminuée par les garnisons qu’on mit dans tant de places.
Conditions On traita à Boxtel près de Bois le-duc, où le Roi se rendit aveceXOrbl rol7- ^ es Ambassadeurs d’Angleterre 6c les Députés de Hollande. Louis de-jées P paries m? ' n un Traité de commerce, qui réglât les droits respectifs desdeux Rois. Compagnies Françoifes & Hollandoises des Indes Orientales & Occiden-tales ; le libre 6c public exercice de la Religion Catholique dans tous leslieux de l’obéissance des Etats Généraux ; Vingt millions pour les fraix dela guerre, la cession de fes conquêtes fur la Meuse, en deça du Rhin, &dans l’Empire; fans parler de plusieurs autres conditions aussi insupporta-bles. Le Roi d’Angleterre demandoit le salut du pavillon ; un million delivres sterling pour les fraix de la guerre, cent mille livres sterling tousles ans pour le droit de la pêche fur les côtes de la Grande Bretagne &d’Irlande; la participation de tout le commerce des Indes, 6c la successionhéréditaire & inaliénable du Stadhouderat pour le Prince d’Orange son ne-veu. Les Etats Généraux rejetterent ces propoílt-ions avec mépris ; ani-més par leur Stadhouder, ils résolurent d’attendre au milieu de leurs eauxquelque occasion favorable de fe tirer de détresse, ils ne négligèrentrien pour armer les Princes d’Allemagne en leur faveur , & l’Eìecteurde Brandebourg le plus voisin 6c le plus intéressé fe prépara à fe mettreen campagne.
Séditions en Le courage invincible, la vigilance 6c le zele pour le bien public du
Hollande. p r j nce (f Orange lui gagnèrent toute la confiance & 1 affection de la Répu-blique . & excita la haine du peuple contre les de Wit, fes ennemis impla-cables', qu’on accusa d’être pensionnaires de la France. L’imputationétoit fausse; il fe peut bien néanmoins que l’amour de la liberté & lajalousie contre la Maison d’Orange, engagerent ces deux grands Politi-ques à des mesures trop pacifiques 6c à trop de complaisance pour la puis-sance du Roi de France. Le Pensionnaire fut attaqué en me, & par sabravoure personnelle il sauva sa vie, quoique couvert de blessures.
Bi '-erses Le Prince d’Orange se fesoic de plus en plus aimer ; i! donna tout ce
Jhiijjances qssii avoit pour le salut de la République, 6c agit avec tant de prudence